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sans une nouvelle génération de vignerons, le Beaujolais mourra

50% des vignerons du Beaujolais partiront à la retraite dans 10 ans. Un grand plan génération est lancé. Objectif : assurer la relève et maintenir l’appellation pour qu’elle continue à exister dans la profession.

D’ici 10 ans, 800 vignerons sur les 1600 que compte le Beaujolais vont partir à la retraite. Pour éviter l’arrachage et la perte de surface, un plan de renouvellement des générations vient d’être lancé. InterBeaujolais, la Chambre d’agriculture du Rhône, mais aussi d’autres partenaires comme les Organismes de défense et de gestion du Beaujolais, les fédérations de négociants ou les coopératives se sont associés pour trouver des solutions afin d’accompagner de manière très progressive les cédants et les repreneurs. “On vend plus de vin que l’on en produit depuis 3 ans déjà. On se retrouve avec des stocks très faibles. Le marché croît de 5 à 10% chaque année” explique Daniel Bulliat, président de l’Inter Beaujolais. Il est donc primordial que la production se maintienne, voire augmente rapidement et qu’une nouvelle génération de vignerons s’installe. “Si on va trop doucement, on va perdre trop de vignes et devenir un vignoble trop petit par rapport à la demande et on a besoin de rester un vignoble à 100 millions de bouteilles pour être bien référencé par les professionnels du vin”.

Les viticulteurs restent faute de repreneurs

Vincent Audras est à la tête d’un vignoble qui appartient à sa famille depuis 1835. Cette année, il en sera à sa 43e récolte de raisin sur les coteaux escarpés de Juliénas dans le Rhône et il aimerait bien passer la main. “Quand on est copropriétaire des vignes, on ne peut pas lâcher comme ça puisqu’on sait que derrière, il n’y a personne. On ne peut pas abandonner. Donc on continue !” Face aux aléas climatiques comme la grêle et le gel, les maladies, les repreneurs potentiels ne se bousculent pas. La Covid est venue compliquer la situation.
Marie, l’une des quatre filles de Vincent, n’est pas prête pour suivre les traces de son père. Elle est tiraillée et sous pression, partagée entre peur de l’échec et culpabilité. Ne pas prendre la suite lui pèse. Car elle est attachée au domaine familial où elle vient participer aux vendanges avec ses 3 soeurs.
Vincent attend un successeur pour mettre son exploitation en fermage. Il espère pouvoir l’accompagner quelques années pour que l’exploitation se maintienne et puisse se développer sans lui.

Assurer la relève quoiqu’il en coûte

Le plan de renouvellement des générations a pour ambition de sauver les vignes du Beaujolais et toute l’économie qui en découle. Il est fait pour accompagner les vignerons de plus de 50 ans pour qu’ils travaillent à leur succession. Autre volet de ce plan : accompagner les jeunes repreneurs sur de petites parcelles, les aider à trouver des partenariats avec des négociants et des acheteurs afin de leur assurer une rentabilité satisfaisante.
La région sera cartographiée afin de pouvoir découper des parcelles réalistes face aux ambitions de chacun. La pépinière Grange Charton située à Régnié-Durette permettra à une vingtaine de personnes intéressées de démarrer progressivement leur activité, d’être à la fois salarié et chef d’entreprise. Daniel Bulliat, président de l’Inter Beaujolais, parle même de cas par cas. 
Le plan vise enfin à recruter au-delà des frontières de la région pour être sur d’atteindre l’objectif du renouvellement des exploitants. Tous les outils vont être mis en place pour que la réussite soit au rendez-vous.

Il faut des bras mais aussi des équipements

L’effort doit aussi porter sur les équipements. Car si les terres ne manquent pas, les infrastructures nécessaires sont rares. Comme en témoigne Jean Max. Ce dernier a commencé à travailler la vigne il y a 4 ans mais il n’est pas issu du monde viticole. Aujourd’hui, il s’y consacre entièrement. “Dans le Beaujolais, on n’a pas trop de peine pour trouver des parcelles à louer ou en fermage mais ce qui n’est pas évident c’est de trouver le bâti, un labo de vinification, un lieu de stockage des bouteilles”.

Le jeune vigneron est aidé par Emmanuel, un voisin qui met à sa disposition son pressoir. Il lui prête aussi son tracteur pour les traitements. Autant d’équipements qui font défaut à Jean Max. Ce dernier a fait le choix de limiter les crédits pour limiter les risques d’endettement et progresse petit à petit pour trouver sa “patte viticole”. Il croit au concept de cuvages partagés pour pallier les vacances d’équipement et plus largement à la nécessité de l’aide de la part des institutions pour que tous aient accès aux infrastructures nécessaires, souvent couteuses, que peu peuvent financer à leur début.

 

 

France 3 Rhône-Alpes. Propos recueillis par Lise Riger

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