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sale temps pour les abeilles, la récolte de miel est en chute libre

Cela arrive une fois tous les 50 ans. En 2021, la production de miel ne représentera que 15 à 30%, d’une récolte normale. En cause : les conditions climatiques. Depuis le mois de mai, la météo s’est montrée très défavorable pour les abeilles. Résultat, dans les ruches, le miel est moins abondant.

A Prunay, dans la Marne, à l’abri des champs de grandes cultures, Philippe Lecompte possède quelques ruches. Pour rendre visite à ses abeilles, il emporte toujours avec lui, un enfumoir. « C’est un outil de défense, explique l’apiculteur. Si on laisse faire la ruche, c’est terriblement agressif. » Seulement, ces derniers mois, il a également pris soin de venir avec du sucre, du sirop pour les nourir. Habituellement, ses abeilles sont autonomes, mais cette année, il a parfois été nécessaire de leur fournir, jusqu’à cinq kilos de sucre.

On a vu des ruches qui sont mortes de faim, dans nos propres ruches, alors qu’on est très attentifs.

Philippe Lecompte, apiculteur

Avec les conditions climatiques défavorables à ses insectes, celui qui est aussi président du réseau biodiversité pour les abeilles, a enregistré des pertes considérables. « On avait des abeilles à la sortie de l’hiver de manière très, très importante, dit-il. Mais, on a eu des retours de froid, qui, au moment où les abeilles remplissent les ruches, ont été détestables pour elles. Les fleurs ont coulé, elles ont mis du temps à fleurir. Il n’y avait pas de nectar dedans, donc les abeilles n’ont pas pu le récolter au printemps. » Résultat : la récolte est catastrophique, et des abeilles sont mortes.

 

Philippe Lecompte est aux petits soins pour ses abeilles.

© Marie-Line Fournier FTV.

 Au secours des ruches

« On a vu des ruches qui sont mortes de faim, dans nos propres ruches, alors qu’on est très attentifs. Il fallait absolument nourrir au bon moment, pour éviter l’effondrement des ruches. » Il a fallu les sauver. Pour autant, la production de miel atteint cette année, 15 à 30 % d’une récolte habituelle moyenne. Une situation comme celle-là ne se rencontre qu’une fois tous les cinquante ans. Sur l’une de ses ruches, Philippe Lecompte annonce dix kilos de miel, au lieu de 40. Un cas qui n’est pas isolé.

On a des collègues qui, cette année, sont venus en Champagne.

Philippe Lecompte.

« On peut avoir des secteurs où il y a eu des miellées, car à ce moment, il y avait beaucoup d’abeilles dans les ruches, le temps qu’il fallait, et les fleurs qu’il fallait, mais c’est rare. Ça a concerné quelques petits terrains de production, en Argonne, avec le tilleul, par exemple, ou en Provence, avec la lavande », analyse celui qui, à l’âge de 22 ans a embrassé le métier d’apiculteur, par passion. Et la passion, plus de 40 ans après, n’a pas fléchi.

 

On s’active, à l’intérieur de la ruche.

© Marie-Line Fournier FTV.

800 grammes de miel, par Français, chaque année

L’apiculteur marnais consomme 15 kilos de miel, par an. C’est beaucoup plus que la moyenne des Français, amateurs de moins d’un kilo à l’année. Reste qu’il faut approvisionner le marché, et Philippe Lecompte redoute une augmentation des importations aux avantages compétitifs. « Pour être viable, une exploitation doit compter 400 ruches, mais on vit à partir de 200 », détaille-t-il. Jusqu’à 40.000 abeilles peuvent vivre dans une ruche. Pour produire, ces insectes ont besoin d’une ressource florale abondante. La luzerne peut leur apporter.

Un champ de luzerne, c’est un peu le garde-manger des abeilles.

© Marie-Line Fournier FTV.

Une solution d’avenir

Le Nord-Est est en passe de devenir pôle national pour la production de miel. La culture de la luzerne y participe. Très mellifère, sa fleur représente une belle opportunité, notamment quand les abeilles sont confrontées à un déficit de ressources. Les apiculteurs l’ont bien compris. Des professionnels se déplacent jusque dans la région, pour en faire profiter leurs abeilles. »On a des ruches qui viennent quelquefois de très loin, déclare Philippe Lecompte. On a des collègues du Var, qui cette année, sont venus en Champagne ». Les champs de luzerne sont devenus en quelque sorte, le garde-manger des abeilles. Des celles contraintes d’aller butiner bien au-delà de leur territoire habituel.

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