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Sur le littoral, entre rochers et falaises, des risques souvent sous-estimés

On y croise les « pro » de la randonnée, suréquipés, et les « amateurs » en balade, parfois en tongs. Mais sentiers des douaniers ou chemins de grande randonnée (GR), le long du littoral, peuvent se révéler dangereux, incitant les pouvoirs publics à mener des actions de prévention.

En Côtes-d’Armor, depuis le début de l’été, trois jeunes âgés de 14, 17 et 27 ans, qui se promenaient en famille ou avec des amis, se sont tués en chutant des falaises ou des rochers à Binic, Plougrescant et Perros-Guirec.

« Les accidents sont régulièrement dûs à des imprudences », asure Camille de Witasse-Thézy, directrice de cabinet du préfet du département, lors d’une action de prévention à la pointe du Roselier, à Plérin, près de Saint-Brieuc, début août.

Car bien que balisés, les sentiers côtiers sont des secteurs sensibles pour les sauveteurs, de la Manche à la Méditerranée, surtout quand les promeneurs s’en écartent ou n’ont pas préparé leur sortie.

« On a régulièrement des accidents (…) par exemple sur les communes d’Ensuès-la-Redonne et du Rove, sur la côte bleue », à l’ouest de Marseille, explique le capitaine Stéphane Guyot, responsable communication des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. « C’est là qu’il y a le plus de difficultés avec un dénivelé important, et l’érosion sur certaines calanques », souligne-t-il.

« On a souvent affaire à des gens pas entrainés, mal équipés (…) Certains sortent aux heures les plus chaudes sans réserve d’eau et sont victimes de malaise », relève le capitaine Guyot.

En Bretagne, « on est souvent appelés pour secourir des gens surpris par la marée. Pour échapper à la montée de la mer, ils essaient d’escalader la falaise », rapporte Florel Manac’h, du Groupe de reconnaissance en milieu périlleux (Grimp) des sapeurs-pompiers des Côtes-d’Armor. « Il y a un mois, on a secouru une personne comme ça, tétanisée, à 15 mètres au-dessus du vide, entre le cap d’Erquy et le cap Fréhel », note-t-il.

Pour de telles situations, « on est amenés à mobiliser des moyens terrestres, nautiques et le Grimp, voire un hélicoptère. Ca fait beaucoup de monde », constate le colonel Bruno Hucher, directeur départemental adjoint du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) des Côtes-d’Armor, qui chiffre à une « quarantaine » par an ce type d’interventions.

– « Devoir de responsabilité » –

« Autant de pompiers qu’on va détourner d’autres missions », insiste Mme de Witasse-Thézy.

« Ces accidents concernent tous les types de publics, de 7 à 77 ans, et ça va de l’entorse au polytraumatisé, voire au décès », énumère le colonel Hucher.

Ces drames se produisent principalement sur le GR34 qui longe les côtes bretonnes sur plus de 2.000 kilomètres. En Côtes-d’Armor, le GR34 est « bordé sur toute sa longueur par des falaises et des à pics. Ca monte jusqu’à 100 mètres par endroit, ce n’est pas rien », souligne le colonel Hucher.

Ces évacuations de victimes par voie maritime ou par hélicoptère « coûtent cher à la collectivité », souligne le capitaine Guyot. Il évoque aussi « un devoir de responsabilité » des citoyens, citant le cas d’une femme « qui avait voulu descendre à une plage fabuleuse » dans une calanque, bien que le site soit interdit d’accès. Elle a chuté et est décédée.

Depuis début juin, les pompiers de Marseille ont déjà effectué dans les calanques plusieurs dizaines d’interventions.

« Quand on est appelés pour une intervention, on ne sait jamais combien de temps on a devant nous par rapport à l’état de la personne » et il faut déjà localiser la victime, rappelle Florel Manac’h. « La plus belle intervention, sur ce type de chemin, est celle qu’on ne fera pas », résume le colonel Hucher.

Sur la côte basque, l’érosion a contraint la préfecture à fermer cet été une portion importante des 54 kilomètres du sentier littoral qui reste interdite jusqu’à la fin du mois.

Mais encore faut-il que ces interdictions soient respectées. Ainsi, le jour-même de l’action de prévention menée en Côtes-d’Armor, des journalistes de l’AFP ont vu une famille avec enfants s’engager sur une portion de sentier dont l’accès était interdit, à la suite d’un éboulement, par des panneaux très visibles et de grandes grilles métalliques qu’ils ont contournées comme si de rien n’était.

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