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en Alsace, il est « très prégnant », les cigognes prolifèrent

Une partie du sixième rapport du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été dévoilée ce lundi 9 août 2021. Sans surprise, il dresse un état des lieux inquiétant du réchauffement climatique et de ses conséquences. Dans ce contexte, l’Alsace n’est pas épargnée.

Le réchauffement climatique devrait atteindre +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030, dix ans plus tôt que les dernières estimations il y a trois ans. Voilà l’un des constats implacables des experts climat de l’ONU. Le premier volet de leur nouveau rapport, publié ce lundi 9 août 2021 fait état d’un changement climatique mondial « sans précédent », aux conséquences « irréversibles ».

Ça chauffe, ça se réchauffe et ça se dérègle de plus en plus vite, y compris en Alsace où certains climatologues font état d’un phénomène « très prégnant ».

« Le réchauffement climatique a commencé il y a 50 ans environ. Chaque décennie, on prend 0,3 degrés supplémentaires. Si l’on compare les moyennes de l’époque et celles d’aujourd’hui, on est à 1,5 degrés de réchauffement dans la région », indique l’un d’eux pour Météo France.

Rien qu’à Strasbourg, une donnée est particulièrement parlante. Le nombre de journées caniculaires a explosé, passant  moins de 5 en 1925 à 35 en 2015. Les vagues de chaleur recensées depuis 1947 dans la capitale alsacienne comme dans le reste de la région ont été sensiblement plus nombreuses au cours des dernières décennies. Les trois années les plus chaudes depuis 1959 ayant toutes été observées au XXIe siècle (en 2014, 2018 et 2020).

A contrario, selon les données des scientifiques, le nombre annuel de jours de gel diminue. Sur la période 1961-2010, la tendance observée en Alsace est de l’ordre de -2 à -5 jours par décennie.

+4°C à l’horizon 2071-2100

Des tendances qui ne sont pas prêtes de s’inverser. Toujours selon les données des spécialistes, avec ou sans prise de conscience, le réchauffement climatique se poursuivra au cours du XXIe siècle.

Le scénario le plus pessimiste, sans politique climatique adaptée, annonce un réchauffement qui pourrait atteindre 4°C à l’horizon 2071-2100 par rapport à la période 1976-2005. Dans tous les cas de figure, la poursuite de la diminution du nombre de jours de gel et de l’augmentation du nombre de journées chaudes sont annoncées, ainsi qu’un assèchement des sols de plus en plus marqué en toute saison.

« Des cigognes de plus en plus nombreuses »

En attendant, les conséquences des modifications climatiques sont déjà bien visibles. La faune et la flore en savent quelque chose. A l’heure échelle, de petits changements en disent long.

Chez nos voisins Suisses par exemple, le mélèze voit ses aiguilles pousser 33 jours plus tôt qu’en 1958 et l’anémone fleurit en moyenne avec 20 jours d’avance comparé à 1951. Une végétation qui fleurit plus tôt, conséquence d’un printemps décalé au fur et à mesure des années. Autre constat, côté français, les raisins mûrissent précocement. Les vendanges démarrent plus tôt d’année en année. Un mois d’avance observé dans le vignoble alsacien depuis les années 80 à aujourd’hui.

Localement, une autre observation révèle l’impact climatique. La population de cigognes ne cesse de croître et ce n’est pas forcément parce que la région est particulièrement accueillante. « On comptait 850 couples en 2016, on a atteint aujourd’hui les 1200 », confirme Gérard Wey, ancien président de l’APRECIAL, Association Protection Réintroduction Cigognes en Alsace.

Selon lui, l’augmentation du nombre d’oiseaux n’est pas uniquement due au climat. « La cigogne a compris avant l’heure que c’est là où il faut aller. Près des maisons il y a des endroits où on peut construire des nids qui durent plus de 5 ans si elles les construisent sur des arbres et il y a peu de prédations parce qu’il y a moins de rapaces. Ce sont des conditions favorables pour étendre la colonie ». Néanmoins, malgré des politiques de maintien des populations sur le territoire et un accès favorisé aux ressources alimentaires, le réchauffement climatique participe aussi au fait que les oiseaux ont moins besoin d’aller se mettre au chaud en Afrique une partie de l’année. « La cigogne restait là en hiver il y a déjà de nombreuses années. Comme il fait moins froid, il y a plus de proies disponibles. Et même quand il faisait un peu moins chaud, elles arrivent à trouver des stratégies pour se nourrir. Elles s’adaptent ».

Une prolifération qui ravie les touristes mais qui fait aussi grincer des dents. A commencer par les habitants de certains villages colonisés qui pointent du doigt la dangerosité des nids formés sur les toits, pouvant peser jusqu’à plusieurs centaines de kilos. Sans compter les nuisances olfactives des déjections.  

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