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dimanche, juillet 3, 2022

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dimanche, juillet 3, 2022

une édition réduite et au défi du renouvellement

Moins de nations celtiques présentes, mais de nouvelles tendances musicales : le Festival interceltique de Lorient a renoué dimanche avec son public, qui est venu par milliers malgré les contraintes sanitaires.

Un calme peu habituel s’est invité à cette édition en format réduit, pour le premier week-end de festivités. « Ca a changé » soufflent certains festivaliers, mais c’est un « moindre mal », pour d’autres, vu le contexte sanitaire, après l’annulation de l’édition 2020 pour cause de pandémie de Covid-19.

Alors que l’Europe vit toujours sous le régime de restrictions, venir au festival a parfois relevé du « parcours du combattant » : un délégué écossais parti d’Ecosse et passé par l’Irlande a dû effectuer une quarantaine avant de pouvoir rejoindre Lorient, raconte le directeur du Festival, Lisardo Lombardia.

Le Festival accueille traditionnellement plusieurs nations celtes, dont l’Acadie, les Asturies, la Cornouailles, la Galice, l’Ecosse, l’Irlande ou encore l’Australie. Toutes les délégations n’ont pas fait le déplacement cette année, mais « notre famille est toujours représentée », tempère Lisardo Lombardia.

Le stade du Moustoir sonne un peu creux et l’enceinte est à peine à moitié remplie dimanche matin, pour accueillir le défilé de la grande parade interceltique, cette séquence emblématique du festival.

Cette édition s’est ouverte vendredi et se prolonge jusqu’au 15 août, mais avec une programmation et des moyens fortement réduits : seulement 80 spectacles seront présentés, contre 200 en 2019, et 700 bénévoles y sont mobilisés au lieu des 1.700 habituels.

– Les 50 ans du festival –

Quimper, Plomeur, Concarneau, Saint-Malo, Lorient, l’origine des cinquante bagads laissent peu de place au doute : cette année, c’est la Bretagne qui est mise à l’honneur pour le 50e anniversaire du Festival, créé en 1971.

Sous le soleil et devant une foule de 7.000 spectateurs dont les applaudissements rythment le défilé, le bagad de Lann-Bihoué ouvre le bal. La formation, composée d’une trentaine de musiciens professionnels de la marine nationale française, fait résonner cornemuses, percussions et les bombardes, cet instrument à vent, typiquement breton.

Dans les gradins du Moustoir, Michel Allain, appareil photo en main, scrute le passage du bagad de Locminé (Morbihan) dans lequel il a joué pendant 15 ans. Habitué du festival, le sexagénaire confie regretter « l’ambiance dans les rues », si caractéristique de l’événenement, mais aussi le « melting-pot avec les autres nations celtiques ».

Dans les allées du marché interceltique, Louise Beauvais et Pauline Baudais, 18 ans, étudiantes, viennent pour la première fois au festival. « On s’attendait à trouver un public plus vieux, ce n’est pas le cas. Et voir les enfants qui défilent à la parade dans les pas de leurs parents, ça montre bien la transmission de la culture bretonne », observe Louise.

– Renouveler la formule –

Christophe Le Fée, alias Krismenn, se souvient bien de son enfance au festival et des « longs défilés sous la pluie avec une caisse claire de dix kilos dans les mains ».

Venu de la musique traditionnelle, le rappeur, qui mêle sonorités électroniques, hip-hop et paroles en breton, a commencé par le bagad, sa porte d’entrée vers la culture bretonne. « Le bagad est une façon d’appréhender la musique de façon populaire. C’est moins cher que les cours de musique et c’est là que je me suis rendu compte que des jeunes parlaient bretons », abonde-t-il.

Après s’être produit samedi devant « 1.000 à 1.200 personnes » selon les organisateurs, l’artiste décrit un « moment spécial », lui qui avait « presque oublié le bien que ça faisait » de présenter son travail au public. Il plaide toutefois pour « rajeunir » la formule du festival, notamment sa programmation.

« Les artistes qui chantent dans les langues celtiques ont besoin de plus de visibilité, que ces langues soient plus présentes », explique-t-il, suggérant une soirée rap en langue celtique.

« La mixité est là », nuance pourtant Lisardo Lombardia, qui passera la main à l’issue de ce festival. « Dans les 80 groupes présents, 40% ne sont pas des chanteurs folk, mais issus de la musique électronique, urbaine, des représentants des nouvelles tendances », souligne-t-il.

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