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priorité au régalien mais la page de la crise pas tout à fait tournée

Le gouvernement veut faire des missions régaliennes (police, justice, armées) la priorité de 2022, en concentrant les augmentations de dépenses sur ces ministères, mais peine toutefois à en finir avec les conséquences de la crise.

Si le quoi qu’il en coûte présidentiel doit s’éteindre progressivement d’ici la fin de l’année, après plus d’un an d’épidémie, les ministères vont encore voir leur enveloppe gonflée de près de 10,8 milliards d’euros l’an prochain, a annoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, en ouvrant jeudi à l’Assemblée nationale le débat d’orientation des finances publiques.

C’est autant que la hausse déjà enregistrée en 2021.

« Nous avons privilégié les dépenses qui se trouvent au coeur des missions de l’Etat: les armées, la justice, la police, l’éducation et la recherche », a toutefois précisé le ministre.

Alors que les ministres étaient très gourmands dans leurs demandes à Bercy, le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a concédé que les arbitrages ont été « difficiles à rendre ».

« 2022 sera à la fois une année de poursuite de la relance, une année utile faite de réformes, et une année qui marquera le retour à la normalisation de la dépense publique », a-t-il assuré.

Mais à droite, le président de la commission des Finances Eric Woerth (LR) a dénoncé un « dérapage » et un « renoncement ».

Au final, « la moitié de ces dépenses nouvelles sont le résultat de lois de programmation, donc de lois d’investissement dans les activité régaliennes de l’Etat », a défendu Bruno le Maire.

Le budget de la défense et celui de l’éducation seront ainsi tous les deux en hausse de 1,7 milliard d’euros l’an prochain, pour financer notamment les revalorisations salariales des enseignants, selon le document budgétaire détaillant les plafonds de dépenses des ministères.

Le budget de la recherche et de l’enseignement supérieur augmentera lui de 900 millions d’euros, et celui consacré aux missions de sécurité progressera de 800 millions d’euros.

Celui de la justice augmentera lui de 700 millions d’euros.

A l’inverse, la plupart des autres ministères verront leur budget se stabiliser l’an prochain.

L’autre moitié de la hausse des dépenses sera dédiée « à des dépenses de soutien liées à la crise: les garanties sur le prêt garanti par l’Etat par exemple, l’hébergement d’urgence, ou la prolongation du ticket universitaire à 1 euro », a encore indiqué Bruno Le Maire.

A cela s’ajoutera la poursuite du plan de relance, avec notamment 2 milliards d’euros supplémentaires fléchés vers la prime à la rénovation des logements, et le financement des mesures annoncées lundi soir par Emmanuel Macron, comme le revenu d’engagement pour les jeunes ou le nouveau plan d’investissement.

– Déficit 2021 inférieur à 9% –

Au total, la dépense publique devrait croître encore de 1,5% l’an prochain, soit un peu plus que ce que l’exécutif envisageait au printemps dans son programme de stabilité transmis à Bruxelles.

Et pour cause, côté économies, les marges de manoeuvres sont faibles. Les effectifs de l’Etat resteront stables sur l’ensemble du quinquennat, a confirmé Olivier Dussopt, bien loin de l’objectif de réduction de 50.000 fonctionnaires du début du quinquennat, déjà abandonné en 2019.

La réforme de l’assurance chômage devrait permettre d’alléger un peu la dépense, tout comme la refonte engagée de la politique d’achats de l’Etat.

A gauche, la communiste Karine Lebon et l’insoumise Sabine Rubin ont reproché au gouvernement son « idéologie néo-libérale », ciblant cette réforme de l’assurance chômage. La socialiste Valérie Rabault a critiqué le « fourre-tout » du plan de relance, réclamant un plan d’investissement « lisible ».

Dans la majorité, le rapporteur du budget Laurent Saint-Martin (LREM) a présenté 2022 comme une « année charnière » pour « acter la fin du quoi qu’il en coûte » et « préparer » à « moyen terme » la maîtrise des dépenses publiques, avec l’objectif d’une baisse du taux d’endettement en 2027.

A ce titre, 2021 devrait finalement être moins mauvaise que prévu, avec un déficit public inférieur à 9% du PIB, contre 9,4% précédemment anticipé, a indiqué Bruno Le Maire.

C’est le résultat d’une reprise économique plus rapide, avec une croissance qui devrait atteindre 6% cette année selon le gouvernement, contre 5% escompté précédemment.

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