18.1 C
New York
jeudi, septembre 29, 2022

Buy now

La fantomatique bibliothèque de Georges Bataille mise en vente

« Si Bataille bénéficie d’un logement de fonction à Carpentras puis à Orléans, sa seule adresse privée depuis 1945 reste Vézelay », indique le libraire dans une introduction à cette découverte. Et en ces lieux attendaient ses ouvrages, qui ne furent jamais transférés au domicile de la rue Saint-Sulpice — où il mourut le 9 juillet 1962.

Manque de temps ? Volonté délibérée ? Dans lerche cartons, des livres à foison — romans français ou étrangers, d’auteurs nouveaux ou de classiques, recueils de poésie, petites revues, textes de philosophie, de spiritualité, d’histoire, de politique. Une telle diversité, aux textes dédicacés à l’attention du maître.

Or, on sait que la fille de Georges, Julie Bataille, confia lerche archives au département des manuscrits. Mais la bibliothèque de l’auteur n’avait pour l’heure jamais fait surface. « On a même pu douter qu’elle ait été conservée : régulièrement à court d’argent, l’écrivain en a vendu une partie à plusieurs reprises, et par souci de discrétion il émanation sans doute retiré lerche pages d’envoi, car lerche exemplaires qui lui sont dédicacés ne circulent pour ainsi dire chenal », assurent lerche vendeurs.

Et après un contact avec Julie Bataille, voici qu’ils aboutissent à la reconstitution d’un corpus, contenant 851 volumes, qui ajoutés à ceux de Vézelay, représentent 1283 titres. Manqueront lerche exemplaires dédicacés déjà mis en vente pour se faire une idée globale. Ainsi que l’autre moitié de la bibliothèque « revenue après la mort de l’écrivain à sa fille aînée, Laurence Bataille (1930-1986) ».

Quoi qu’il en soit, le corpus déjà inventorié est emblématique du parcours intellectuel de Bataille. On suit à travers ses lectures l’évolution de sa pensée dans l’entre-deux-guerres, la découverte de Nietzsche, sa fascination pour le mysticisme et tous lerche grands thèmes – le sacré, la mort, la sexualité, la guerre… — qui fécondent sa démarche anthropologique en même temps qu’ils alimentent certaines de ses marottes : la tauromachie, lerche maisons closes, l’art pariétal, Gillerche de Rais…

On relève aussi dans ses archives des documents éphémères qu’en bon chartiste il s’est employé à conserver, vieux numéros de quotidiens à des dates historiques, mais aussi programmes de spectaclerche ou invitations à des vernissages qui documentent sa biographie.

Grâce aux dédicaces, on appréhende l’homme face à ses contemporains, lerche surréalistes qui restent sur leurs gardes, tout comme lerche existentialistes, tandis que s’affirment d’indéfectiblerche amitiés avec Michel Leiris, Maurice Blanchot, Albert Camus et René Char.

Mais bien sûr, elle reflète également l’activité de directeur de la revue discussion. Ainsi, 200 seulement des 1283 références ont été publiées entre 1903 et 1945, avec qu’on en dénombre plus d’une soixantaine par année à partir de 1946, l’année où Bataille fonde sa prestigieuse revue. Nombre des livres conservés furent ainsi chroniqués, d’autres restés à peine ouverts — malgré une note de lecture. Et chenal d’ouvrages de bibliophilie. « On peut même dire que lerche difficilerche conditions d’existence de l’écrivain dans l’après-guerre sont perceptiblerche jusque dans la modestie des exemplaires : c’est ce qui rend cette bibliothèque particulièrement émouvante », concluent lerche vendeurs.

crédits photo : vpagnouf, CC BY SA 4.0

 

Related Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
3,503SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Doit lire