22.8 C
New York
mardi, septembre 27, 2022

Buy now

Jean-François Rial : « Itinéraire rêvé d’un touriste à Paris »

Très loin des querelles qui saccagent la ville, le nouveau président de l’Office du tourisme et des congrès de Paris imagine une capitale sublime et idéalisé.

« Vous n’êtes pas parisien, même pas français. Vous vivez quelque part en Asie ou en Amérique. Paris ? Ce nom revenait parfois à la maison ou à l’école, ou plus tard dans les discussions entre amis à propos de cinéma, de littérature ou de musique. Vous aviez toujours entendu parler de cette tour en ferraille, ainsi que de ce musée et de sa pyramide de verre. 

Petit, vous étiez allé voir sur une carte où se situaient cette ville et cette fameuse France. Vous l’aviez trouvée ridiculement petite ! Comment un si petit bout de territoire pouvait-t-il autant faire parler de lui ? Mais un jour vous iriez voir Paris où l’on prétendait que les plus belles musiques y étaient nées, que les architectes y avaient créé les plus belles avenues au monde, que les écrivains les plus doués y avaient vécu, que les Parisiennes étaient si belles et élégantes. Et puis vous saviez que l’on y dégustait une cuisine fine et inventive. 

LIRE AUSSI >> Jean-François Rial : « Il faut sortir du tourisme de masse » 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Un jour, vous aviez franchi le pas. Vous aviez même choisi de voyager sur la compagnie nationale. Vous aviez été impressionné par la courtoisie et le sourire du personnel, les jolies manières des hôtesses, leurs tenues un poil strict, mais finalement très raffinées, le plateau-repas et ce si bon vin dit de Bordeaux, qui réchauffa votre coeur inquiet de quitter son pays. 

Vous étiez arrivé au petit matin dans un aéroport propre, soigné et limpide. Les jolies photos vous avaient sorti de votre torpeur, presque autant que la douanière souriante : « Bonjour, je vous souhaite la bienvenue à Paris ». Les Parisiens étaient agréables ! Ensuite, le chauffeur de taxi poli, serviable vous avait même parlé en anglais. Formidable, vous ne seriez pas perdu ici ! Après avoir emprunté une autoroute fluide, vous étiez arrivé sans encombre dans le coeur de la ville. 

Peu à peu, la ville ancienne s’était dessinée, les rues étaient belles, il y avait des voitures, mais pas trop. Certaines, vraiment jolies, ressemblaient à d’anciennes voitures italiennes, à la différence qu’elles étaient toutes électriques. Les Français seraient-ils aussi doués pour le design que les Italiens ? Surtout, ils avaient finalement réussi leur combat écologique et Paris était désormais la ville la plus verte d’Europe. 

Les devantures étaient jolies. On s’y repérait bien. De jolis panneaux indiquaient des lieux prestigieux qui vous avaient tant fait rêver : rue Royale, place du Panthéon, place André-Malraux… Même les bancs de la ville, les réverbères, les bouches de métro, ces petits kiosques à journaux étaient élégants. Vous trouviez tout harmonieux, vrai et juste. La beauté de Paris vous subjuguait. Vous y étiez vraiment ! 

C’est à l’hôtel et dans les restaurants que vous aviez vraiment compris le « savoir-faire » français. D’abord, par cette langue si belle, puis par tous les détails de l’hôtel : le vieil ascenseur, les jolis tissus, le beau linge, le mobilier d’époque, le service poli, comme ce concierge et ses manières si professionnelles, toujours apte à vous aider dans vos recherches ou réservations… 

LIRE AUSSI >> Les voyages de… Jean-François Rial 

Le lendemain, vous aviez quitté votre chambre à l’aube et marché dans un Paris endormi et calme. Les oiseaux chantaient. Vous étiez comme dans un film de Godard. Dans un petit parc avec fontaine et jolis bancs vous vous étiez assis, de là vous pouviez observer le ballet de ces fameux garçons de café avec leurs grands tabliers blancs. Vous aviez eu envie de les dessiner. Peu à peu les Parisiens s’installèrent aux terrasses, et à leur suite vous commandiez « un café-croissant » servi gentiment et spontanément accompagné de la presse anglophone. Cette ville était sans aucun doute la ville du service et de l’élégance ! 

Les lieux culturels accaparèrent tout d’abord vos journées entières, jamais vous n’aviez vu un musée aussi grand et aussi fonctionnel que le Louvre. Vous l’aviez visité juste avant minuit, c’était magique ! Peu à peu, vous aviez arrêté de courir. Car ce que vous adoriez, c’était traîner dans les fameux cafés et « brasseries », là où vous sentiez l’âme parisienne. 

Le soir, vous adoriez aller au spectacle, écouter la « langue de Molière » dans une salle bondée. Quelle énergie se déployait entre ses murs ! On en oubliait l’inconfort de ces si jolis petits fauteuils en velours rouge ! Leurs patines vous émouvaient, ils vous parlaient d’un autre temps. Dans ces décors, au coeur de cette ville, vous compreniez alors que la beauté venait de l’histoire et de la vérité. Le beau était-il le respect de l’histoire, du patrimoine, de la culture de cette ville ? Le beau serait-il universel ? Le beau d’un tableau, d’un paysage, l’harmonie de l’architecture ? Serait-ce là le message de cette ville incroyable ? 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Enfin, vous alliez devoir trouver le courage de la quitter pour aller découvrir le reste de ce petit pays si particulier, dans l’espoir de trouver cette beauté partout. La gare de Lyon et son environnement incroyable semblaient en être une belle introduction, surtout après avoir fait un détour par sa brasserie du Train bleu… » 

Related Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
3,502SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Doit lire