15.6 C
New York
samedi, octobre 1, 2022

Buy now

Le bivouac, la quête de liberté

Le camping en pleine nature attire de nouveaux pratiquants chez les urbains désireux de couper avec le quotidien.

En contrebas du sentier, trois jeunes marmottes se chamaillent dans l’herbe grasse. Au loin, le soleil s’apprête à disparaître derrière les montagnes. Il est temps d’aller se réfugier sous la tente : la journée de marche a été longue. Laura, 29 ans, habite à Saint-Denis (93). Si elle a fait du camping à de nombreuses reprises, c’est la première fois qu’elle va bivouaquer en pleine nature et en autonomie. « Il y a quelque chose de plus aventurier dans le bivouac, confie-t-elle. Ce qui m’a donné envie de tenter l’expérience, c’est l’idée de dormir au milieu de rien, en totale liberté, et de ressentir la satisfaction de pouvoir dire ‘je l’ai fait’ en rentrant. » 

Laura fait partie de ces citadins nouvellement attirés par l’expérience de la nuit au grand air. « C’est une tendance de fond qui va avec le besoin croissant de retour à la nature », observe Nicolas Carle, chef de produit pour Forclaz, la marque dédiée au trekking (randonnée en itinérance) du groupe Decathlon. « Depuis plusieurs années déjà, la tendance est à marquer une rupture entre une vie professionnelle très active et une vie perso où l’on cherche à déconnecter. » 

Une parenthèse pour s’échapper du quotidien

La clientèle de randonneurs au long cours s’est enrichie de jeunes urbains en fin d’études ou au début de leur vie active, qui cherchent à s’équiper. « Mais leur approche est un peu plus épicurienne, souligne Nicolas Carle. Ils vont plutôt partir pour de courtes durées et butiner différentes activités : un week-end de surf ou de paddle, puis quelques jours de bivouac en montagne de temps en temps ». Hervé Le Sobre est accompagnateur en montagne depuis plus de dix ans. Chaque été, il propose une activité « Nuit en bivouac » autour de Morzine (Haute-Savoie). « Assurément, les escapades « bivouac » et « survie » sont à la mode. Mais de là à dormir seul dans la forêt… il y a un grand pas ! » constate-t-il. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

LIRE AUSSI >> Le voyage en van, plus que jamais tendance 

Vincent, 26 ans, a tenté l’expérience du bivouac pour la première fois l’été dernier. « J’ai toujours fait beaucoup de randonnée avec mon père, raconte-t-il. Après quatre ans passés à Paris, j’ai eu envie de profiter de la nature. » En juin dernier, il a donc pris sa tente de cinq kilos, un duvet, un sandwich et son matériel de photographie pour aller passer une nuit en altitude avec des amis. « J’ai eu très froid, se souvient-il. A cette période de l’année, je ne m’y attendais pas ! J’ai mal dormi mais c’était un plaisir. » Les heures passées dehors à photographier les cimes dans le ciel orangé ont compensé le manque de confort.  

Quelques conseils pour se lancer

Pour profiter pleinement de l’expérience, Hervé Le Sobre conseille « de ne pas s’aventurer tout de suite en milieu sauvage ». Et d’ajouter : « Il faut bien se connaître, on peut commencer à côté de chez soi pour tester sa condition, son matériel et surtout, ce qui pourrait nous manquer. » Avant de partir, il est impératif de consulter la météo et de préparer son sac dans les règles. « Le mien était extrêmement lourd, se souvient Vincent. Depuis, je m’équipe petit à petit. J’ai notamment acheté un réchaud pour pouvoir manger quelque chose de consistant, et parce que j’aurais été très heureux de boire une tisane chaude en attendant le lever du soleil ! » 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

LIRE AUSSI >> Et si on se (re)mettait en marche ? 

Arnaud Petit est guide de haute montagne et, comme sa compagne Stéphanie Bodet, grimpeur professionnel. « On aime bien aller bivouaquer, témoigne-t-il. Mais on n’est pas hyper pointus sur le matériel dernier cri. Même si c’est un petit peu plus lourd, finalement, le plaisir sera le même. » Lorsque l’on débute, inutile donc d’investir dans une tente hors de prix. « Le plaisir du bivouac est accessible à tous, assure Arnaud Petit. L’important, c’est surtout de prendre du temps pour se préparer. » Qui plus est, il est désormais possible de louer du matériel adapté. Un autre moyen de profiter de la nature. 

Related Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
3,506SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Doit lire