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mardi, septembre 27, 2022

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Champagne : ces femmes cheffes de caves

Les femmes ont toujours occupé un rôle dans l’univers du vin des sacres. Elles sont de plus en plus nombreuses à se voir confier les clefs de chef de caves. Une fonction naguère dévolue aux seuls hommes.

Dans un XIXe siècle qui tenait pourtant les femmes loin du monde économique, Barbe-Nicole Ponsardin prit en main la destinée de la maison fondée par son regretté époux François Clicquot. La jeune femme – elle n’avait que 27 ans – se révéla une étonnante femme d’affaires. La Champagne compte d’autres veuves légendaires, telles Jeanne-Alexandrine Pommery, Apolline Henriot, Marie-Louise Lanson de Nonancourt, Lily Bollinger, Camille Olry-Roederer…  

Fort heureusement, la direction d’une maison familiale ne limite plus à sa situation conjugale. Comme en témoignent les parcours de Vitalie Taittinger, Maggie Henriquez (Krug), Alexandra et Stéphanie de Nonancourt (Laurent-Perrier) ou Berta de Pablos-Barbier, la toute nouvelle présidente de Moët & Chandon. Mais si ces dernières peuvent participer aux dégustations et aux assemblages, elles ne détiennent pas pour autant les clefs des caves, dont la garde fut longtemps l’apanage des hommes. La nomination, au printemps 2000, de la première cheffe de caves Monique Charpentier, chez Mercier (groupe Moët-Hennessy), était venue bouleverser l’ordre établi. Elle fut vite rejointe dans la fonction par Isabelle Tellier (Chanoine Frères, Tsarine), Elisabeth Sarcelet (Castelnau), Sandrine Logette (Duval-Leroy), Floriane Eznack (Jacquart), Caroline Latrive (Ayala)… toutes jusque-là cantonnées dans les laboratoires où elles exerçaient leur métier d’oenologue sans toucher aux vinifications. 

Précision

Signe de leur parfaite intégration, certaines s’investissent désormais autant dans l’élaboration des vins que dans la gestion du vignoble, comme Alice Tétienne, arrivée en janvier 2020 chez Henriot. Ou encore Nathalie Laplaige au sein de la maison Joseph Perrier. Lorsque l’on demande à la Châlonnaise pur jus s’il est difficile de diriger des hommes dans le secteur plutôt viril de la production, elle répond sans hésiter n’avoir jamais ressenti la moindre gêne : « Mes rapports avec l’équipe sont francs et transparents. » Sa touche féminine ? « Peut-être plus de précision, de la bonne humeur, de la chaleur humaine… » On ajoutera un mélange d’audace et de modestie. Des qualités qu’incarne également Julie Cavil, nommée à la tête des caves de la mythique marque Krug en 2020, après en avoir été la directrice de l’oenologie durant treize ans. 

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LIRE AUSSI >> La longue marche de la Champagne vers le bio 

Séverine Frerson, elle, est arrivée comme stagiaire chez Piper-Heidsieck, où elle est restée dix-huit ans. « Je me suis construite avec l’équipe », explique celle qui demeura affectueusement « la petite dernière » jusqu’à ce qu’elle prenne possession de la cave, en 2018. La Champenoise a ensuite fait franchir aux femmes un pas de géant dans l’univers des bulles en étant débauchée par Perrier-Jouët (groupe Pernod-Ricard), quelques mois à peine après sa nomination chez Piper. Elle initie alors un incroyable mercato de chefs de caves qui a secoué la Champagne durant deux ans. Du jamais-vu de mémoire de ceps préphylloxériques ! L’oenologue confie que si la manière de déguster entre les hommes et les femmes est différente, elle est avant tout complémentaire. « Nous allons souvent plus en profondeur dans le descriptif et l’exprimons de façon imagée. »  

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Et l’histoire ne fait que commencer. Chez Castelnau, Carine Bailleul succédera à la fin de l’année à Elisabeth Sarcelet, en poste depuis de nombreuses années. Quoi de plus lumineux qu’une transmission entre femmes pour démontrer que, dorénavant, celles-ci ont vraiment gagné leur place dans le secret des crayères ? 

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