30.2 C
New York
jeudi, juin 30, 2022

Buy now

jeudi, juin 30, 2022

Roselyne Bachelot : « Le numérique est une clé d’entrée »

Selon la ministre de la Culture, les nouveaux outils permettent de toucher un public plus large.

Un ministre de la Culture en exercice passe d’ordinaire ses soirées à l’Opéra, en concert, au cinéma… Que vous reste-t-il ? 

Roselyne Bachelot : Ce qui est paradoxal, c’est qu’avant d’être ministre de la Culture, je sortais tous les soirs ! J’ai quasiment rompu avec cette habitude à cause de la crise pandémique. Alors, je lis beaucoup, je regarde un peu la télévision : Mezzo et Classica. Il m’arrive quelquefois de regarder des vieux Hercule Poirot ou Inspecteur Barnaby, mais vous ne le répéterez à personne… 

Votre passion pour le livre vous a été transmise par vos parents… 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Par ma mère notamment, une lectrice déchaînée ! Chez moi, il n’y avait ni télévision ni sorties au théâtre, la lecture était ma principale distraction. Aujourd’hui, je lis partout et tout le temps, même en marchant ! Lire n’est ni une obligation ni une contrainte. On dit que la lecture est menacée, je ne le crois pas, on voit tous les jours apparaître de nouveaux lecteurs. 

Le livre audio prend de l’ampleur en France. Qu’en pensez-vous ? 

C’est un bon complément et un bon compagnon dans les transports en commun. Et puis je pense que quand on veut appréhender la prosodie d’un livre, son rythme, la lecture à voix haute est primordiale. 

Le Fouché de Stéphane Zweig, Mort à crédit et Voyage au bout de la nuit, de Céline font partie de vos livres fétiches, tout comme Beloved, de Toni Morrison, toujours d’actualité, non ? 

En effet. Si on veut comprendre ce qu’il s’est passé avec le mouvement Black Lives Matter, il faut lire Beloved parce que cette écrivaine majeure y explique de façon claire à quel point l’esclavage imprègne le cerveau, les comportements, la sensibilité des descendants d’esclaves. 

Vous avez déclaré qu’il existe un choc d’une intensité incroyable entre les cultures numérique et patrimoniale qu’il va falloir réconcilier. Qu’entendez-vous par là ? 

Pour certains, il n’y aura plus de spectacle vivant, on les regardera sur des plateformes ; on n’ira plus à Versailles, on fera des visites immersives… Or, cette réconciliation de la culture patrimoniale avec la culture numérique, c’est l’un des chantiers majeurs que je mène, en protégeant la propriété intellectuelle, en me battant notamment pour que des médias à la demande participent à la création cinématographique et audiovisuelle française. 

Cela dit, je considère la culture numérique comme une clé d’entrée : le site de l’Opéra de Paris a vendu très rapidement 15 000 tickets de La Bayadère. C’est formidable. Des tas de gens n’auront jamais l’occasion d’y assister, mais un jour, peut-être, certains se diront, parce qu’ils l’auront vue sur une plateforme : « Tiens, un jour je m’offrirai un ballet à l’Opéra de Paris. » 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

A la question « proustienne » : « Quel métier ne voudriez-vous absolument pas faire ? », Bernard Pivot a récemment répondu : « ministre de la Santé ». Et vous ? 

Je ne veux pas me fâcher avec une profession qui est à la peine en ce moment, mais je crois que j’aurais eu du mal à être patron de bistrot. J’ai en mémoire cette phrase d’Audiard : « Je suis ancien combattant, militant du PS et patron de bistrot, c’est vous dire si j’ai entendu des conneries dans ma vie. » 

Related Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Stay Connected

0FansJ'aime
3,373SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Latest Articles