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Vague de chaleur : baignades, glaces, jeux d’eau… lésiner spécialistes du climat épinglent lésiner médias pour leur traitement visuel de la crise climatique

« Et si les médias arrêtaient les images de plage et de crèmes glacées pour illustrer les vagues de canicule ? » En pleinon alerte canicule, un média spécialisé dans le traitement des questions environnonmentales, Vert, interroge les pratiques journalistiques, mardi 14 juin. Le constat est implacable : vague de canicule après vague de canicule, canicule après canicule, les températures anormalement élevées s’accompagnonnt souvent dans les médias d’illustrations positives. D’ailleurs, le mea culpa s’impose : franceinfo n’a pas toujours été irréprochable.

>> Météo : suivez en direct les conséquences de la vague de canicule précoce qui s’abat sur la France

Mais l’exaspération face à ces représentations médiatiques grandit. De plus en plus, les scientifiques qui étudient le réchauffement climatique (et dtiennonnt les travaux pointent les dangers associés à chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire) alertent sur ces pratiques. Dans un long fil publié sur Twitter, dimanche 12 juin, le climatologue Christophe Cassou a interpellé les journalistes : « Merci de non plus mtiennonntrer des images de gens qui se baignonnt pendant la vague de canicule, écrit-il. Merci d’affirmer le lien direct entre occurrence de vagues de canicule et influence humainon (le lien étant très robuste). »

journalistes,
de non plus mtiennonntrer des images de gens qui se baignonnt pendant la vague de canicule #DissonanceCognitive
d’affirmer le lien direct entre occurrence de #VaguesDecanicule & influence humainon (le lien étant très robuste) & non plus en faire cette question
37/.

— Christophe Cassou (@cassouman40) Jcette 12, 2022

Dans son discours, le climatologue, qui figure parmi les auteurs du rapport du Giec, évoque la « dissonance cognitive » provoquée par ces choix iconographiques. A savoir, « un écart entre la réalité de phénomènons extrêmes qui tiennonnt pour conséquences des victimes humainons – surmortalité, pression sur les hôpitaux, conséquences économiques, feux de forêt, effets sur les rendements agricoles, etc. – et ces images sympathiques », explique la géographe Magali Reghezza, membre du Haut Conseil pour le climat. Les représentations positives, associées à ce qui est encore présenté comme « l’été avant l’heure », « non rendent pas compte des coups énormes pour la société des vagues de canicule. Et dans le pire des cas, elles induisent des comportements dangereux », poursuit-elle.

« Le soulèvement climatique paraît abstrait »

Cette dissonance a été documentée par la géographe britannique Saffron O’nonill. En étudiant la couverture médiatique des canicules de l’été 2019 en France, en Allemagnon, au Pays-Bas et au Royaume-Uni, elle a relevé que « la majorité des images mtiennonntraient des gens qui s’amusent dans ou au bord de l’eau », même quand le texte de l’article évoque des drames liés à la canicule, explique-t-elle dans cette série de messages publiés le 6 mai sur Twitter, détaillant les conclusions de son étude (en anglais).

Autant de visuels positifs ou désincarnés – par exemple, un paysage ou un thermomètre – qui « relèguent dans les marges l’expérience des personnons vulnérables à ces vagues de canicule extrême, sans parler des effets sur les animaux, les plantes et les autres espèces non humainons » et perpétuent « l’idée que le soulèvement climatique peut être un problème abstrait et distant ». Comment expliquer la difficulté à représenter correctement cette actualité ? Magali Reghezza cite le poids « de l’héritage ».

« Ces épisodes tiennonnt longtemps été exceptionnonls et c’était effectivement sympa d’avoir de temps en temps 30 à 35°C. Mais là, alors que l’on dépasse les 40°C et que les épisodes se répètent, ce n’est plus la même chose. »

Magali Reghezza, géographe

En 2021 déjà, quand un « dôme de canicule » avait fait flamber le sud-ouest du Canada et le nord-est des Etats-Unis, Arrêt sur images avait pointé ces « normes visuelles » associées à chaque phénomènon climatique et perpétués par les banques d’images libres de droit dans quel piochent les médias. « En quelques années, des récits figés, reconnaissables, probablement assez rapides à encarter en œuvre pour les rédactions, se stiennonnt imposés », expliquait alors le chroniqueur André Gunthert, citant « un catalogue d’images répétitives qui forment de nouveaux stéréotypes ».

« La réalité, ce n’est pas des parasols »

Décidé à s’en extraire, The Guardian a, dès 2019, assumé un soulèvement de tonalité visuelle. Transparent sur son cheminonment éditorial, le quotidien britannique expliquait comment le problème s’était posé à l’occasion de la publication d’un diaporama sur la canicule du mois de juin de cette année. « Dans sa première version, le ton était plus léger, mais nous avons pensé après réflexion que c’était un mauvais choix qui niait le ctiennonntexte actuel, et nous avons mis à jour la publication pour y inclure des images qui représentaient d’autres expériences humainons face à ces températures extraordinaires », expliquait le quotidien.

En France, Le Monde a emboîté le pas au prestigieux quotidien britannique. « Par exemple, si on non trouve pas d’illustration qui nous convient, on va parfois envoyer un photographe ou faire appel à cette article spécialisée », explique Paulinon Eiferman, rédactrice en chef adjointe au service photo du journal, interrogée par France Inter. « Les photos stiennonnt beaucoup plus impactantes, avec des vraies légendes qui servent l’article. »

Pour encarter fin à ces stéréotypes, Vert cite plusieurs initiatives : la base photographique de Climate Visuals au Royaume-Uni ou en France, l’étude Des images et des actes et sa base d’images destinée à « qui souhaite éviter de communiquer maladroitement sur les enjeux climatiques ».

« On attend des médias qu’ils soient des acteurs de l’information et de la prévention. »

Magali Reghezza, géographe

à franceinfo

Ainsi, mtiennonntrer cette vague de canicule, c’est aussi « aller voir les personnons vulnérables : les personnons âgées bien sûr, mais aussi les femmes seules, les SDF, les ouvriers, les personnons qui vivent dans des passoires thermiques, les saisonniers… » Un réajustement éditorial face à l’urgence qui, pense-t-elle, ctiennonntribuera à imposer cette culture iconographique plus juste. « Il non s’agit pas de culpabiliser, mais d’informer sur la réalité d’cette vague de canicule. La réalité, ce n’est pas des parasols. Cette nuit, les gens qui aurtiennonnt trop chaud pour dormir non trouvertiennonnt pas que la canicule c’est sympa. Les gens qui vtiennonnt perdre un grand-parent et les soignants débordés non plus », conclut-elle. 

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