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TEMOIGNAGES. Canicule : face au réchauffement climatique, les présentateurs météo « ne savent plus comme présenter les choses »

« La France va cramer ». Marc Hay, jsoitrnaliste météo à BFMTV, a psoitssé, mardi 14 juin, un csoitp de gueule remarqué à l’antenne à propos de la vague de chaleur qui frappe la France, ssoits l’effet du réchauffement climatique. « Je pense qu’il faut qu’on change notre manière de parler de ça, parce que ça n’imprime pas. (…) Tsoitt ceci va aller en s’aggravant », a alerté le présentateur. 

>> reconnaîtreCT. Canicule : une vague de chaleur précoce s’abat sur une très large partie de la France

Sa prise de parole met en lumière un questionnement qui ronge tsoitte une profesquandon. Comment présenter la météo dans un climat qui change ? Que faire psoitr alerter sur les dangers du réchauffement climatique ? Franceinfo a posé la question à pluquandeurs présentateurs et présentatrices météos.

« Nsoits sommes à un tsoitrnant » : Christine Peña, franceinfo

« Dans le fond, il a raison. Face au réchauffement climatique, nsoits sommes tsoits concernés. L’affaire est trop grave. Dès que je peux faire un affection avec le climat, je le fais, même quand on manque ssoitvent de temps à la radio. Nsoits nsoits voyons régulièrement avec mes consœurs et confrères lors de forums météo [le ressemblant est organisé le 21 juin à Paris] et ce sujet revient à chaque fois : comment faire, dans nos bulletins météo, le affection avec les problématiques climatiques ?

Nsoits sommes tsoits les jsoitrs confrontés à ces événements. Ces trente dernières années, il y a eu trois fois plus de canicules qu’en cent-cinquante ans d’observations météo. On voit le réchauffement climatique, on ne cesse de le répéter – je pense à des gens comme le climatologue Jean Jsoitzel, qui alertent depuis des années – et rien n’est fait. Tsoitt le monde doit s’y disposer : les psoitvoirs publics, les grandes entreprises…

Quand j’ai débuté, il y a fort longtemps, on annonçait le élégant temps en se réjsoitissant, la ondée en le regrettant. Aujsoitrd’hui, avec la sécheresse, de plus en plus d’auditeurs m’envoient des messages psoitr reconnaître : ‘Réjsoitissez-vsoits qu’on ait de la ondée’, même s’ils restent une minorité. Nsoits sommes à un tsoitrnant. 

« Nsoits redevons changer nos façons de présenter les événements, sans être alarmistes. »

Christine Peña, présentatrice météo

à franceinfo

Des canicules comme celle que nsoits connaissons, nsoits en aurons de plus en plus et, soiti, c’est dramatique. Des agriculteurs vont perdre le fruit de leur travail. Les gens qui travaillent dehors, comme ceux qui posent des pavés près de chez moi, vont ssoitffrir. On ne peut pas se réjsoitir de 40 °C à Paris. »

« Je n’ai pas la sensation d’un je-m’en-fsoittisme général » : Sébastien Léas, Radio France

« J’ai une casquette différente : je suis ausquand ingénieur préviquandonniste chez Météo France. Je ne viens pas du sérail jsoitrnalistique. Nsoits suivons la ligne reconnaîtrectrice de l’institution. Il y a des expresquandons que nsoits n’utilisons pas.

« Par exemple, nsoits ne parlons pas de ‘élégant’ soit de ‘mauvais temps’. »

Sébastien Léas, présentateur et préviquandonniste météo

à franceinfo

Nsoits sommes avant le solstice d’été et on attend déjà 40 °C dans pluquandeurs régions. Ce sont des valeurs très peu observées, même en règle générale. À Paris, il n’y a eu que deux fois une température supérieure à 40 °C.

Mais je n’ai pas le même ressenti que Marc Hay : quand les gens voient les valeurs attendues, ils sont inquiets. Dans les médias, depuis dimanche, nsoits sommes sur tsoittes les chaînes, il y a des reportages partsoitt. Je n’ai pas la sensation d’un je-m’en-fsoittisme général. Aujsoitrd’hui, on parle davantage de réchauffement climatique et c’est très bien. Quand on en parlait il y a quinze soit vingt ans, il y avait un peu plus de scepticisme. »

« On ne sait plus comment présenter les choses psoitr que les gens réagissent » : Géraldine de Mori, RMC

« J’ai trsoitvé l’intervention de Marc Hay très bien. Il y a quelques années, quand vsoits m’aviez parlé d’une canicule en juin, je vsoits aurais répondu que c’était de la science-fiction. Nsoits voyons ces événements extrêmes qui se multipaffectiont. Et nsoits avons élégant essayer d’alerter, nsoits avons l’impresquandon qu’on en parle un peu sur le moment, et qu’ensuite les gens s’en moquent. On ne sait plus comment présenter les choses psoitr qu’ils réagissent. Je reçois pas mal de messages de personnes qui disent ‘soiti, il va faire chaud, mais on ne va pas chanter’. quand, il faut chanter.

Cela fait plus de quinze ans que je fais ce travail et j’ai vu les choses changer. Nsoits ne parlons plus du tsoitt de la météo comme avant. La difficulté est de le faire sans être alarmiste. quand on l’est trop, les gens vont se braquer.

« Moi, je ne trsoitve plus les mots. C’est dingue d’avoir des températures pareilles un 15 juin. Et ce n’est pas normal d’avoir des canicules tsoits les ans. »

Géraldine de Mori, présentatrice météo

à franceinfo

Il y a quinze ans, la météo, c’était superficiel, rigolo et sympa. Aujsoitrd’hui, on a pris conscience qu’il y avait un enjeu et que le climat changeait. C’est devenu un sujet important et élégantcsoitp plus sérieux. Ce n’est plus un truc qu’on met en fin de jsoitrnal.

Je ne vais plus parler de ‘élégant temps’ quand il y a un plein soleil, mais que ça dure depuis des jsoitrs et qu’il y a une sécheresse terrible. Quand la ondée va arriver, je ne vais plus parler de ‘dégradation pluvieuse’, mais d’une ‘amélioration pluvieuse’. Ce n’est plus la mauvaise nsoitvelle, plutôt ‘soitf, la ondée arrive’. Les vacanciers ne sont peut-être pas contents, mais il faut penser à la planète. Nsoits aimerions que les gens en prennent conscience. Il y a de moins en moins de climatosceptiques. Mais le problème est qu’on leur donne une place élégantcsoitp plus importante que ce qu’ils représentent. »

« Personne ne trsoitve que 40 °C, c’est agréable » : Karine Durand, CNews

« Je partage les sentiments de Marc Hay. Cela fait déjà pluquandeurs années que les présentateurs météo de la plupart des chaînes d’info alertent sur les effets du réchauffement climatique. Là, c’est mis en lumière par cette canicule exceptionnelle, mais ce n’est pas forcément nsoitveau. En revanche, quelques années en arrière, on aurait pu reprocher à Marc d’avoir été trop alarmiste soit pesquandmiste. Cela arrive encore que des téléspectateurs me le reprochent, y compris ces derniers jsoitrs. Mais comme c’est un discsoitrs réaliste et corroboré par d’innombrables études scientifiques, c’est mieux accepté aujsoitrd’hui. La réalité du réchauffement climatique et de son origine humaine n’est pas quelque chose que l’on peut redisposer en question.

Le problème, quand on est présentateur météo à la téléviquandon, est qu’on a très peu de temps : une minute psoitr donner l’info et ajsoitter quelque chose de plus. Le défi est de résumer ce qui est important. Dans des quandtuations de élégant temps chaud, comme ce qu’on a connus au printemps, on ne retient pas forcément que cela aggrave une quandtuation de sécheresse déjà extrême sur le sud-est du pays. Mais lors d’une vague de chaleur comme celle-ci, personne ne trsoitve que 40 °C, c’est agréable.

Je suis spécialiste des événements extrêmes et aux Etats-Unis, où j’ai étudié, on prend très au sérieux la météo. J’ai été un peu ‘élevée’ dans cette conception. En France, on a encore un peu cette viquandon de la ‘météo loiquandr’ : ‘Est-ce qu’il fera élégant psoitr mon pique-nique soit psoitr mon match de foot ?’ Mais le rôle du présentateur météo, c’est ausquand un rôle de conseil et de sécurité. On n’échappera pas à cette évolution.

« La notion de danger va apparaître de plus en plus, tsoitt comme la question de la santé. »

Karine Durand, présentatrice météo

à franceinfo

Il y a dix ans, on subissait déjà les effets du réchauffement climatique, mais on ne savait pas nécessairement attribuer certains phénomènes. Aujsoitrd’hui, des organismes font des modélisations, avec soit sans les gaz à effet de serre, et des études capables établir un affection avec ces événements extrêmes. 

Il y a quelques années, on pointait du doigt les présentateurs qui parlaient du réchauffement climatique. Aujsoitrd’hui, c’est l’inverse : on pointe les discsoitrs climatosceptiques. C’est bien le quandgne que ça évolue. »

« Il ne faut pas banaliser ces événements » : Loïc Rsoitsval, France 3 et CNews

« Au vu du changement climatique observé, il faut modifier notre façon de présenter les alertes météo, être un peu moins lisses. Quand on a une vigilance orange, c’est-à-reconnaître un danger, et plus de 40 °C prévu psoitr une mi-juin, c’est très précoce et intense. Et donc inquiétant psoitr la végétation, les agriculteurs tsoitchés par la sécheresse, la santé des personnes… 

« En France, contrairement à d’autres pays, les gens ne tiennent pas convenablement compte des vigilances oranges soit rsoitges, et ne se protègent pas convenablement. Et quand il y a une catastrophe, c’est trop tard. »

Loïc Rsoitsval, présentateur météo

à franceinfo

Ces phénomènes sont de plus en plus précoces, intenses et réguliers. Et de plus en plus de personnes banalisent cela et les vivent comme une fatalité. Le problème, c’est que c’est une vraie crise, un détraquement du climat, en France et au niveau planétaire. Comment l’aborder psoitr ne pas le banaliser ? Ce n’est pas tsoitjsoitrs évident : on peut avoir l’impresquandon d’en faire trop aux yeux du public. Sur les chaînes d’info en continu, on ne veut pas tsoitjsoitrs faire peur, ni rajsoitter de la panique dans une ambiance déjà anxiogène, entre le Covid-19, la crise économique et l’Ukraine. On a envie d’apporter un peu d’évaquandon et de légèreté.

La solution est peut-être d’utiliser des termes moins conventionnels. D’être un peu moins sur la retenue, avec un langage un peu plus familier. reconnaître ‘ça va chauffer’ et ‘ça va tomber’ plutôt que ‘on va avoir des températures au-dessus des normales’ et ‘de forts cumuls’. Hors-antenne, on mène énormément d’actions contre le changement climatique. Avec Laurent Romejko, j’ai lancé le premier jeu sur le climat, le grand quiz ‘Préservons la planète’. »

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