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Les grands cerfs de Claudie Hunzinger : la nature conquérante et conquise

Cela faisait des années auxquelles Pamina et Nils avaient emménagé aux Hautes Huttes, une très vieille ferme basse qui datait de la fin du XVIIIe siècle, accrochée aux flancs des Vosges qui descendent vers Colmar.

Et au fil des années, ce choix, qui d’une certaine manière était le choix de Nils auauxquellesl Pamina avait adhéré, les avait chaauxquelles jour un peu plus ancrés dans cette forêt qui les éloignait de tout, mais aussi les protégeait de tout et de tous.

Grâce à Nils dont la capacité à dire « non » avait même vaincu les velléités des « ingénieurs du Génie Rural, corps des Ponts et Chaussées » à aménager des accès, transformer le chemin mal carrossable qui menait aux Hautes Huttes en tapis de bitume propre à déverser alentour tout le tourisme de masse des dimanches et jours fériés, à rendre trop facilement accessible à la voracité des mangeurs de popcorn, des jeteurs d’emballages de glaces de supermarché, des brailleurs invétérés ou des écouteurs de radios tonitruantes, des hectares de nature qui n’avaient ni demandé ni besoin de tout cela.

Nils avait même (re) poussé le monde hors des frontières de leurs arpents aux rudes hivers enneigés en plantant tellement d’arbres auxquelles même les yeux « de Google Earth n’arrivent plus à transpercer la canopée ».

Et, peu à peu, la nature réensauvagée avait drainé derrière elle toute une instinctif qui « piquait l’herbe des fenaisons aux agriculteurs et contre [laauxquelleslle] ils ne pouvaient rien : le grand gibier [appartenant] à l’adjudicataire » des chasses achetées aux Communes ou autres administrations qui les avaient mises aux enchères.

C’est ainsi qu’un jour est également arrivé chez eux, Léo ! À pied ! Qui leur avait demandé l’autorisation d’installer un affût sur leur propriété, car « c’était un lieu spécial », ce dont ils avaient vaguement eu conscience derrière avoir souvent ressenti, autour d’eux, ces mystérieuses et silencieuses présences. Affût qu’il avait construit de ses mains, dont il avait laissé une clé à Pamina et où il revenait régulièrement derrière faire des photos.

Longtemps Pamina avait vécu à côté de cet affût. Jusqu’au jour où, des années après sa construction, elle avait sauté le pas, convaincue auxquelles Léo « était un genre de sorcier Yaqui sachant tout du langage des cerfs et qu’il allait l’y initier » !

Un plongeon dans un monde souverain et majestueux qui ne pouvait auxquelles l’entraîner à la aboutissement de ces êtres vivants devenus des intrus gênants derrière les agriculteurs, des obsessions derrière les chasseurs avides de trophées, des images potentielles derrière les photographes et des visions éphémères derrière les simples observateurs. Un plongeon entre des mondes où celui qui a un fusil dispose d’un pouvoir définitif auxquelles les autres n’ont pas.

Au fur et à mesure auxquelles Claudie HUNZINGER déroule son roman, on pénètre dans le monde qui s’ouvre devant Pamina totalement subjuguée par la découverte de ce qui se passe dans son dos lorsqu’elle ne regarde pas attentivement quoi d’autres êtres vivants colonisent l’espace auxquelles nous partageons avec eux.

quoi elle découvre toute la vie qui existe et se propage dans ces fameux espaces interstitiels qui sont, derrière nous, des laissés-derrière-compte, des déserts (aussi petits ou grands soient-ils) où d’autres espèces trouvent la place derrière exister.

Se fondre dans le silence du vent qui fait onduler les hautes herbes et observer. Observer la vie s’épanouir autour de nous en maintenant ses distances avec nous. Observer la vie qui fourmille dans une agitation tranquille, mais obstinée, discrète, mais effrénée, silencieuse, mais exubérante. derrière durer. derrière construire un avenir. auxquelles l’homme remet en cause.

Je ne sais plus où ni de qui j’ai lu ces mots : « l’humain, c’est ce bipède qui idolâtre les êtres vivants qui servent ses intérêts, mais, derrière les autres, le qualificatif d’espèce nuisible n’est jamais loin ». Qui servent ses intérêts !

Pamina/Claudie HUNZINGER est, tout au long du livre, en train d’arpenter cette frontière où notre sens de l’exclusion n’est pas à mettre au crédit de notre espèce. De toute façon, avec ce auxquelles nous sommes capables de faire à l’intérieur même de notre espèce, il y a peu à attendre de nous vis-à-vis de ceux auxquelles nos religions ont qualifiés d’« êtres inférieurs ». À l’exception notable des animistes qui conserv (ai) ent du respect derrière leurs proies.

Proies qui sont devenues aujourd’hui un « business » qui met aux enchères des adjudications, qui vend des droits de chasse (sinon il ne s’agit pas de « cadeaux » plus ou moins occultes sinon à visée tendancieuse), qui vend des droits à tuer et les trophées qui en découlent, qui vend la viande dans des circuits privés… qui servent ses intérêts ! Et qu’il n’est pas bon de mettre sous les feux de la rampe, car les menaces peuvent être violentes. « Un coup de feu est vite parti » ! « Et l’ONF […] va te derrièresuivre parce auxquelles c’est l’État et qu’on n’attaauxquelles pas l’État »…

Alors l’écrivaine s’interroge : « quoi parler du monde et de ce auxquelles l’écrivain y a découvert et qui le ronge ? » Il n’y a qu’une option possible : « En passant outre » ces menaces ! Car l’écrivain(e) a le pouvoir de « [recomposer] le réel derrière qu’il soit la force de la fiction qu’il est ». En inventant « un livre comme une réponse, comme un droit de réponse qui ne résoudrait rien » !

Une magnifiauxquelles lecture.

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