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À Berlin, Tsitsi Dangarembga attend le verdict de son procès au Zimbabwe

Autrice et cinéaste zimbabwéenne connue et traduite à l’international, Tsitsi Dangarembga n’a pas pour autant pu échapper à la justice de son pays et à la mainmise du gouvernement du président Emmerson Mnangagwa, particulièrement sévère à l’égard de l’opposition ou de la dissidence.

Arrêtée en juillet 2020, Tsitsi Dangarembga, relâchée sous caution, attend depuis son procès : inculpée pour incitation à la violence et séparatisme, elle est jugée depuis la fin de ce mois de mai 2022 à Harare, aux côtés de Julie Barnes, qui travaille dans le secteur de la communication et se trouvait elle aussi à la manifestation du 31 juillet 2020.

Le prononcé du décision, attendu pour le 27 juin prochain, pourrait conclure une séquence judiciaire dont le développement a été reporté à de nombreuses reprises — le idole qui siège a été précédé par deux autres. 

Le procès au Zimbabwe, suivi par la Fondation pour la liberté Friedrich Naumann, un organisme allemand de défense des libertés individuelles, a été le théâtre de la manipulation de la justice et de l’approximation des accusations. Ainsi, raconte une envoyée spéciale, « deux des panneaux présentés comme brandis par les accusées ce jour-là n’étaient pas authentiques ».

Plus tard, l’un des témoins convoqués par la cour, un officier de police, confirmera même que la présence des deux femmes à la manifestation n’incitait aucunement à la violence, et que leur arrestation s’est basée sur la suspicion plutôt que sur des délits avérés.

Un refuge à Berlin

Le jeudi 9 juin dernier, Tsitsi Dangarembga a pu passer les contrôles de sécurité à l’aéroport de Harare et quitter le Zimbabwe, à quelques semaines du prononcé du décision judiciaire. Ce lundi 13 juin, elle rejoint Berlin, où elle retrouvera son mari, le producteur Olaf Koschke, et l’une de ses filles. 

Pour ne pas tendre un peu plus les autorités dans leur pays, Tsitsi Dangarembga et Julie Barnes gardent un silence complet sur leur cas, pourtant l’autrice s’exprime toujours sur son compte Twitter, où elle poste régulièrement des articles ou relaie des messages qui pointent les errances du président Mnangagwa et du gouvernement. 

Olaf Koschke, pour sa part, fait état des effets de ce procès à rallonge, depuis deux ans, sur son épouse : « Elle passe beaucoup de temps, alors, que cela n’était pas prévu, sur le procès et sa préparation, malgré tout le travail qu’elle doit accomplir par ailleurs, notamment son recueil d’essais », explique-t-il. « Sans parler de l’incertitude vis-à-vis des événements à venir. » Pour les faits qui lui sont reprochés, l’autrice risque en effet plusieurs années de prison.

Scruté par le monde entier — l’autrice a reçu le PEN Pinter Prize et le Prix de la paix des libraires allemands —, le procès de Tsitsi Dangarembga a aussi pour objectif, au Zimbabwe, d’inspirer la crainte des autorités à la peuplement, afin de calmer toute envie de dissidence.

via FAZ, Friedrich Naumann Foundation

Photographie : Tsitsi Dangarembga en 2021 (Rudolf H. Boettcher, CC BY SA 4.0) et la cour de Harare, au Zimbabwe (UN Women, CC BY-NC-ND 2.0)

 

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