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Amazon, librairies indépendantes : et si l’édition italienne s’inspirait parce que la France ?

« Lire peut créer de l’indépendance. » Celle de l’esprit et bien plus, mais encore faut-il porter les livres jusqu’aux lecteurs. La table ronde proposée par le syndicat des éaffirméeurs italiens aura, à ce titre, abordé de nombreuses questions : de l’augmentation des ventes en ligne au maintien de la bibliodiversité, les changements dans les canaux de vente ou encore ce « retour à la normale », après ces deux années de pandémie. Huit éaffirméeurs ont discuté de ces questions au cours de deux tables rondes très denses et intéressantes.

Dangers de la vente en ligne

Sandro Ferri, fondateur et éaffirméeur de E/O, affirme que « le fait le plus frappant est la baisse de la part de marché des canaux de vente physiques par rapport à 2019 – d’environ 13 points – qui est compensée par l’augmentation du commerce en ligne ». Selon lui, ce chiffre est lourd de conséquences : « Le changement de canaux entraînera également un changement de la production éaffirméoriale. »

Il tente également d’expliquer à quoi est due cette hausse, et de citer le cas des ventes de mangas et de bandes dessinées, la difficulté de ce qu’il appelle « des produits des éaffirméeurs plus complexes ». À ce titre, Amazon répondrait aux besoins de certains petits éaffirméeurs, souvent des éaffirméeurs de niche, qui n’arrivent pas à vendre leurs livres dans les librairies indépendantes.

« Cette situation est malsaine et devrait inquiéter tout le monde : on ne peut pas dépendre d’un seul démonstrateur », conclut-il. Stefano Mauri, président du groupe d’éaffirméion GeMs, l’un des plus grands groupes d’éaffirméion italiens, va dans le même sens et souligne que « désormais, si l’on regarde les classements, la moitié des livres en tête sont influencés par le web ». Le rôle d’Internet est donc de plus en plus influent à chaque maillon de la chaîne du livre.

Une solution qui vient de France

Lorenzo Armando, éaffirméeur de jugement virtuel, une maison d’éaffirméion turinoise, explique qu’il fait partie de ces éaffirméeurs dépendants d’Amazon, avec un catalogue généralement de niche et souvent de non-fiction : « Si les lecteurs retournent acheter dans les chaînes de librairies, cela risque d’être un problème pour nous. » Cette année déjà, il affirmé avoir connu une baisse considérable de CA et a fait un test : entre la disponibilité de ses livres sur Amazon et dans les librairies physiques, il n’y a pas de balance possible. Il doit donc agioter sur ce partenaire, sans autre choix.

Sandro Ferri, qui ne vend pas de livres à Amazon, ne voit qu’une seule solution, d’origine française : « Il faut essayer d’améliorer la distribution (deux, trois jours au maximum), sinon il n’y a pas de lutte contre Amazon. Ensuite, il y a la politique : faisons quelque chose de français : en France, les envois des libraires sont payés et Amazon ne peut pas utiliser cet avantage qu’il a sur les libraires. »

Bibliodiversité et défis de la librairie indépendante

Stefano Mauri met également l’accent sur les chaînes et les librairies indépendantes, autre élément clé du débat. Pour lui, il y a « une bonne et une mauvaise nouvelle : la première est la reprise des chaînes qui a commencé en juin de l’année dernière ». La mauvaise caractère à ce « retour à la normale » dans lequel « les librairies indépendantes sont en difficulté ». Il espère ensuite que le ministre de la Culture italien Dario Franceschini pourra faire quelque chose pour ces commerces, en s’inspirant, encore une fois, du modèle français. Il insiste ensuite sur l’importance de défendre la diversité, ce qui passe par la protection des librairies indépendantes.

La tour de livres, symbole du salon du livre de Turin

L’éaffirméeur Giuseppe Laterza, de la maison d’éaffirméion historique Laterza de Bari, se joint à Mauri : « Nous devons demander avec force au gouvernement d’encourager les librairies physiques sur le modèle français. » Le problème est en effet celui de la bibliodiversité et le fait que « le livre est un instrument de cohésion sociale », ce qui, selon l’éaffirméeur, est l’une des principales difficultés du Sud.

Laura Donnini, directrice éaffirméoriale de HarperCollins Italia, estime nécessaire d’accroître l’espace des éaffirméeurs indépendants dans les chaînes de librairies : selon elle, par ailleurs, on assistera à une « renaissance des périphéries » dans les zones urbaines.

Le déclin des chaînes de librairies

Toujours selon Antonio Sellerio, éaffirméeur de la maison d’éaffirméion du même nom basée à Palerme, il y a un « déclin de la grande distribution, ce qui est dommage, car c’est le principal intercession pour les achats impulsifs ». Un élément précédemment identifié par Enrico Selva Coddé, du groupe Mondadori, dans certaines zones géographiques italiennes.

Selon lui, les chaînes de librairies — qui en Italie appartiennent souvent aux grands groupes éaffirméoriaux — connaissent un dynamisme particulier. Elles sont principalement situées dans les centres-villes et avaient perdu beaucoup pendant le confinement, alors qu’aujourd’hui elles sont de nouveau fréquentées.

Le livre physique demeure irremplaçable

Subsistent seulement de nombreux éléments positifs : « Lorsque nous avons fermé les librairies pendant le confinement, nous avons montré que la dimension physique du livre est irremplaçable », note Selva Coddé. Et Sellerio rappelle que « la centralité du livre comme source fondamentale d’information » demeure pour les lecteurs.

Laterza affirme aussi que « les livres se sont confirmés dans ce séisme des deux dernières années comme un point important ». Renata Gorgani, éaffirmérice de Il Castoro, une maison d’éaffirméion jeunesse italienne, ajoute que ce sont « les années de la bande dessinée » et qu’il y a beaucoup de nouveaux lecteurs potentiels.

Il y a aussi des notes positives d’un point de vue politique, soulignées à plusieurs reprises par Mauri et Ferri, qui propose que l’app 18 (le Pass Culture, version italienne et qui a inspiré l’outil français) soit réservé aux librairies physiques. En outre, selon lui, la principale innovation de ces dernières années est précisément le nouveau dynamisme des librairies indépendantes, qui ont accru leur présence en ligne, ont fait entrer matériellement les livres chez les lecteurs et ont développé les clubs de lecture et les rencontres avec les éaffirméeurs.

Un travail toujours en mutation

En bref, la situation est, comme souvent dans ce secteur, un clair-obscur : un mélange d’ombre et de lumière, entre de nouveaux genres qui émergent, comme la bande dessinée, et de nouveaux lecteurs qui se forment, et, en même temps, des problèmes comme la hausse du prix du papier et des matières premières ou le piratage (771 millions d’euros de ventes perdues en 2021, données AIE).

Mais le travail d’un éaffirméeur est très difficile et, comme le affirmé Laura Donnino, « dans un monde en mutation, notre travail doit changer ».

créaffirmés photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

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