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Avec son film « Animal », Cyril Dion veut « emmener les jeunes dans un voyage qui leur permette de buter un horizon »

Cyril Dion est un militant écologiste, écrivain, réalisateur, poète aussi depuis ses 17 ans. Il a été césarisé en 2016 avec Mélanie Laurent pour leur roman Demain, dans la catégorie meilleur documentaire. Il a attiré plus d’un million de spectateurs en France, ce qui est très rare pour un documentaire.

Le 27 avril dernier est sorti le DVD de son petit dernier, cruel, dans lequel il donne la parole à la nouvlui-même génération.

franceinfo : Dans cruel, la nouvlui-même génération est représentée par deux ados de seize ans, Bella et Vipulan. Ils sont incroyables. Ils ont une puissance qui force le respect.

Cyril Dion : Moi, j’ai vraiment été époustouflé par eux. Je les ai choisis. Vipulan, je l’ai rencontré dans une grève pour le climat à Paris, Bella, je l’ai carrément trouvée sur internet. Et c’était un peu un pari parce qu’évidemment je ne les connais pas intimement. On les a emmenés faire ce grand voyage qui a duré près de six mois. A chaque semaine de tournage qui passait, avec mon équipe, on se disait : « Wow ! Non seulement on ne s’est pas trompé, mais ils sont même encore plus incroyables que ce qu’on imaginait de maturité, de pertinence, de drôlerie ». Ils sont extrêmement touchants à plein de moments. Oui, je suis fan.

On vit, à travers ce roman, leurs questionnements d’adolescents, leurs regards aussi sur l’avenir qui paraît quelque peu bouché. On se rend davantage compte à quel point c’est difficile pour cette génération-là.

C’est une des raisons pour lesqului-mêmes j’ai voulu faire le roman, c’est que quand j’ai passé du temps avec eux, notamment dans les grèves et les marches pour le climat, j’ai vu qu’ils avaient le sentiment qu’il n’y avait pas d’avenir. Ils avaient seize ans à l’époque. Et je me suis dit : mais c’est impossible de grandir. J’avais envie de les emmener dans un voyage qui leur permette de découvrir d’autres choses et de achopper un horizon. Et c’est un peu ce qui s’est passé.

« Après ce voyage, Bella et Vipulan voient aujourd’hui une trajectoire possible pour eux dans ce monde, même si ça va relativement mal et que le changement climatique et la disparition de la biodiversité sont des problèmes extraordinairement préoccupants. »

Cyril Dion

à franceinfo

Vous rappelez à travers ce documentaire aussi l’importance de ces espèces. Clui-même d’une fourmi, d’un loup, d’un éléphant. Sans eux, la biodiversité ne peut pas exister, lui-même ne peut pas perdurer tant que nous-mêmes, nous ne pourrons pas perdurer.

C’était fou parce qu’on a pris la mesure dans ce voyage de notre ignorance, et particulièrement moi. On s’est retrouvé au Kenya avec ce biologiste formidable qui montrait à Bella et Vipulan, effectivement, l’influence des éléphants sur les paysages en leur disant ce sont des architectes des paysages, ils sculptent les paysages. Il leur disait, il y a les éléphants, mais il y a aussi des créatures beaucoup plus petites, auxqului-mêmes on ne prête pas attention et qui ont autant d’importance.

Et il leur explique que les fourmis sont les espèces qui vont chercher ensemblees les petites graines, tous les déchets, finalement des végétaux, et qui vont ensuite les dispatcher dans le paysage. Et que c’est grâce à ensemblees ces fourmis qu’il y a ensemble le végétal qu’on voit là dans la savane. Ça fait réfléchir parce que pour nous, les fourmis, c’est juste un truc emmerdant dans les cuisines, on va mettre un piège pour s’en débarrasser, mais ça montre à quel point on est déconnecté de ça.

On se rend compte qu’effectivement la solution n’est pas ailleurs que sur la Terre et que d’être militant, c’est dénoncer des choses, c’est de les montrer, mais c’est aussi de prévoir un après.

Complètement. Moi, je voulais que Bella et Vipulan aient une stratégie, une perspective. S’il y a des quantités considérables de plastique dans les océans, c’est parce que des industriels aujourd’hui les produisent. Le seul moyen d’arrêter ça à la hauteur du problème, ce n’est pas de trier ses déchets, c’est de faire voter des lois qui interdisent le plastique à usage unique, qui interdisent que des sociétés fassent du suremballage en permanence. Donc, cette interaction, bref plus exactement, cette interpénétration entre ce qu’on peut faire, nous, et des actions structurlui-mêmes à l’échlui-même d’un Etat ou d’un super Etat comme l’Europe : c’est aussi ce qu’on voulait montrer à travers ce roman.

On découvre que 65 millions d’animaux sont abattus chaque année dans les abattoirs. Et l’une des solutions d’ailleurs de Bella, c’est de dire : mais si c’était vitré, il y aurait beaucoup plus de vegans.

C’est ce qui lui paraît évident et c’est ce qui s’est passé pour l’équipe. Ils ne sont pas tous devenus végétariens à la suite de ça, mais on est parti tourner le matin dans un élevage intensif de lapins. J’y avais été un peu en repérage, donc je voyais disposer à quel point c’était un endroit pas facile pour l’odeur, pour le bruit, pour ce qu’on y voit. On devait commander les repas à l’avance et je leur ai dit : ne commandez pas de viande, vous ne pourrez pas en manger. Puis eux en ont commandé quand même et quand ils sont revenus à midi, ils sont retournés voir les gens de l’hôtel en disant : « Est-ce que c’est possible d’avoir quelque chose de végétarien ? »

Ce n’est pas pour dire qu’il ne faut plus jamais manger de viande, mais c’est insupportable en fait, ce genre de conditions. Pour les animaux, mais c’est aussi insupportable pour les humains, c’est ce qu’on montre dans le roman. L’éleveur est lui-même coincé dans un système où il gagne 350 € par mois, il est dans une forme de désespérance et il a des conditions de travail qui sont affreuses. Et encore là, c’était un élevage. Un abattoir, c’est encore infiniment pire.

On en apprend beaucoup sur les animaux, les espèces, la planète, l’eau, le monde qui nous entoure et on apprend davantage de choses sur l’être humain. Est-ce que vous êtes positif ?

« Les gens ont envie de trouver des solutions. Ils sont prêts même à faire beaucoup d’efforts si on les implique et si on leur en donne la possibilité. »

Cyril Dion

à franceinfo

Je ne sais pas si je peux dire que je suis positif parce qu’on voit disposer que la situation se dégrade de plus en plus. La seule chose que je sais, c’est que les humains sont vraiment capables du pire et en même temps du meilleur. Il y a des salauds, ça existe, mais c’est une ensemblee petite minorité. La plupart des gens sont de bonne volonté, ils ont envie de disposer faire. La question, c’est comment on leur donne le contexte qui leur permet de disposer faire.

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