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les riverains des vergers de Fontorbe victimes de fumées toxiques engagent une action collective en justice

En avril dernier, les vergers de Fontorbe à Lavaur, dans le Tarn, brûlaient des tonnes de paille pour lutter contre le gel générant d’importantes fumées toxiques. Les riverains engagent une procédure collective en justice pour faire cesser ces pratiques mettant potentiellement leur santé en danger.

En avril 2021, de nombreux agriculteurs et viticulteurs français étaient surpris par les gelées tardives. Pour enrayer les effets du froid sur les récoltes, les vergers du sud/Domaine de Fontorbe, à Lavaur, dans le Tarn, ont brûlé dans la nuit du 12 au 13 avril des tonnes de paille imbibée de gasoil.

Le verger, de pommiers principalement, est un très gros domaine de 350 hectares et les épaisses fumées noires générées par ces feux ont été ressenties jusqu’aux villages voisins. La route départementale entre Ambres et Lavaur a dû être coupée, la visibilité étant nulle. Les habitants du Vaurais (sud-ouest du Tarn) ont été surpris au petit matin par ce ciel gris et cette atmosphère suffocante. Certains ont été intoxiqués par les fumées qui pénétraient jusque dans les maisons.

La pratique est illégale. Le directeur des vergers du domaine de Fontorbe a alors été placé en garde vue, des scellés ont été posés par la gendarmerie et des plaintes déposées. Toutefois, pendant plusieurs jours et nuits, le domaine a continué de recourir à ce procédé illégal, une sorte d’impunité de l’industriel mis en cause qui n’a pas manqué de soulever la colère des riverains.

Un collectif pour faire cesser ces pratiques illégales et nocives

Plus forts ensemble qu’individuellement, les riverains des Vergers de Fontorbe ont décidé de créer un collectif pour faire entendre leur voix et demander réparation pour le préjudice subi.
Le collectif «Respirons 81» est ainsi né afin de lancer collectivement une action en justice et faire bouger les lignes.

Brûler plusieurs jours d’affilée de la paille mêlée à des hydrocarbures sur une superficie de 350 hectares a créé des nuages délirants ! Nos poumons, on ne sait pas dans quel état ils sont ! »

Florence Millet, membre du collectif Respirons 81, habitante de Ambres.

Ces pratiques sont récurrentes et ne datent pas d’hier, comme en témoigne Florence Millet, membre du collectif et habitante de Ambres : « 350 hectares, à ce niveau, c’est de l’agriculture intensive, il s’agit plus d’un gros industriel que d’un agriculteur. En avril, il s’agissait de paille mouillée avec des hydrocarbures mais ils brûlent du fioul depuis 30 ans. Cette année avec le gel exceptionnel, chauffer une telle superficie a créé des nuages délirants ! J’avais un bébé de quelques mois, les fumées sont rentrées à l’intérieur ».

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La santé et l’environnement au coeur de l’action du collectif

Le motif de la santé et de la préservation de l’environnement est majeur dans la démarche du collectif. La riveraine confirme : « C’est pour notre santé qu’on se bat ».
Florence Millet ajoute qu’ »en plus des feux réguliers dans les vergers, des produits phytosanitaires sont régulièrement épandus et l’épandage de produits chimiques est pourtant interdit au-delà de 19 km/h de vent mais la gendarmerie n’est pas équipée pour faire ses mesures. Pas de verbalisation, l’impunité totale ! Nous avons rencontré le député Jean Terlier qui découvre le problème alors qu’il habite Lavaur ! »

Il y a une double pollution visible ET invisible mais bien réelle. Nous souhaitons qu’une étude sanitaire avec prélèvements soit effectuée et que ces pratiques cessent.

Florence Millet, membre du collectif Respirons 81 et habitante de Ambres.

France Nature Environnement (FNE) a justement révélé en mai 2019 les conclusions inquiétantes d’une étude menée sur l’influence des produits phytosanitaires épandus. En Tarn-et-Garonne, il ressort un taux plus important de cancers pour les riverains d’exploitations arboricoles.

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Des pollutions visibles (avec les fumées d’avril dernier) et invisibles (avec les épandages réguliers) qui ne font qu’exacerber le sentiment de colère et d’injustice des habitants des communes concernées.
D’autant que deux mois et demi après, le collectif n’as pas eu de retour des mairies concernées et de la préfecture.

Le directeur des vergers de Fontorbe, Lucas Crosnier, ne s’est, d’après le collectif Respirons 81, pas manifesté non plus à ce jour auprès des riverains. « On attend son appel » conclut cette habitante du village de Ambres.

Contacté par France 3 Occitanie, Lucas Crosnier a confirmé ne pas avoir été en contact avec le Collectif et déplore n’avoir eu, à l’exception de la commune d’Ambres, que peu de contacts avec les mairies et la préfecture, toutes sollicitées pour organiser une réunion commune avec les associations Respirons 81 et Vaurais Nature Environnement. Il indique « souhaiter avoir tous les interlocuteurs autour de la table pour avoir une discussion constructive et pouvoir s’engager sur un terrain qui convient à tous ». Par ailleurs, il indique que les Vergers de Fontorbe vont communiquer auprès de la population locale « non pas pour se dédouaner mais pour s’excuser pour cette perte de maîtrise au mois d’avril et ne pas rester sur une dynamique d’agri-bashing ou de vision erronnée de ce qu’est leur entreprise ».

Une action en justice à la rentrée de septembre

Le collectif de riverains compte à ce jour 59 inscrits et espère « recruter davantage pendant l’été ». Respirons 81, représenté par Me Legevaques, avocat toulousain spécialisé dans les actions collectives en justice, engagera la procédure dès la mi-septembre, lorsque le collectif sera entièrement constitué.

Des rencontres sont organisées par le collectif Respirons 81 dans les prochains jours :

  • à Ambres, le samedi 3 juillet, devant la mairie, de 18h30 à 19h30.
  • À Giroussens, jeudi 8 juillet, dans la salle de la mairie, de 18h30 à 19h30.

L’avocat du collectif pourra alors à la rentrée mener une action au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui ou au civil afin d’obtenir des dommages en réparation du préjudice corporel ou moral subi.

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