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Guerre en Ukraine, Covid-19… comment faire face à l’angoisse ?

Dérèglement climatique, pandémie, guerre en Europe, depuis 2 ans des crises majeures ont fait irruption dans notre quotidien. Un avenir trouble et anxiogène qui impacte fortement le moral des Français.

C’est un remède universel que les Normands ne boudent jamais. Ses rayons éclairent les esprits embrumés et rechargent en vitamine D des organismes éprouvés par un long hiver.  » Il fait beau aujourd’hui ça fait bien » répondent spontanément les passants rouennais interrogés sur leur moral en ce moment.

Toujours accueilli comme le présage d’une belle journée, le soleil et l’arrivée du printemps n’auront pourtant pas éclipsé le Covid de nos vies, ni freiné les velléités belliqueuses de la Russie. Pire, il est le symbole d’une planète en surchauffe.

Car derrière la bonne humeur du jour affichée par les personnes interviewées, l’anxiété devient palpable quand la discussion prend un peu d’épaisseur. Dénominateur commun de ce stress collectif : la guerre en Ukraine.

 » Quand on voit les images en Ukraine, les enfants là-bas, on a la boule au ventre, on se dit que ce n’est pas possible et que ça pourrait être nous… » Confient, Florence et Laurent, un couple de sexagénaires.

Florence et Laurent s’inquiètent pour l’avenir de leurs petits-enfants

© France Télévisions

Pour Maud Rotharmel, médecin psychiatre au Centre Hospitalier du Rouvray, ce conflit armé brouille nos modes de pensée.  » La guerre nous touche car elle rend nos vies imprévisibles. C’est vrai que dans notre quotidien notre cerveau essaie d’expliquer l’inexplicable, de donner des repères alors que la guerre nous plonge dans l’incertitude et nous sort de notre zone de confort. Il y a aussi un phénomène d’identification face aux Ukrainiens qui sont assez proches de nous géographiquement et proches aussi dans notre façon de vivre »

Laurence explique que pour gérer ses angoisses elle évite la surinformation. « On allume la télé : c’est le Covid, c’est l’Ukraine…on essaie de positiver avec tout ça mais ce n’est pas facile. Je la regarde beaucoup moins ça m’aide…. »

L’ultra-médiatisation de la guerre accentue aussi cette proximité, on la suit quasiment en direct sur nos téléphones. C’est pour cela que nous conseillons à nos patients de faire des pauses dans la communication et de se plonger dans l’instant présent et dans ce qui nous entoure. Il faut savoir aussi mettre les choses à distance et savoir faire la part des choses pour ne pas trop s’identifier à l’angoisse et à la mort. 

Maud Rotharmel, médecin psychiatre au Centre Hospitalier du Rouvray

Yasmine est maman d’une petite fille et attend prochainement un nouvel enfant. Elle concède que ces crises qui s’empilent l’inquiètent fortement. « La crise sanitaire ça a été compliqué à vivre quand on est maman, on se demande comment ça va évoluer, dans quel futur on se dirige. Il y a la guerre aussi, car ce n’est vraiment pas très loin de nous et on se demande ce qu’on peut faire. Et puis il y a le réchauffement climatique et la qualité de notre alimentation avec les pesticides….quand on a des enfants on s’interroge sur ce qu’on est en train de leur donner à manger »

Yasmine mère de famille

© Félix Bollez / France Télévisions

Même son de cloche pour Florence et Laurent.  » Pour l’avenir de nos petits-enfants ce n’est pas sympa ce qu’on va leur laisser, avec cette pollution…malheureusement les grands pays pollueurs ne font rien du tout. Et puis on a été touché par Lubrizol nous aussi à Rouen, on s’est posé beaucoup de questions qu’on ne se posait pas avant et on n’a pas eu de réponse ni de solution…c’est toujours là, ça peut de nouveau arriver »

Sous le Gros Horloge de Rouen, Alan, un sans domicile fixe de 41 ans n’envisage pas la paternité dans ses conditions.  « On se demande comment le monde d’aujourd’hui va évoluer…ça craint…moi j’ai toujours voulu avoir des enfants, on se demande pourquoi on devrait en faire…pour les élever dans ce monde ! Ce qui me remonte le moral c’est la solidarité des gens pendant le premier confinement il y a eu beaucoup d’entraide, ça a été une très bonne surprise pour moi »   

Alan, 41 ans, sans domicile fixe

© Félix Bollez / France Télévisions

« Face à tous ces facteurs de stress il est important de trouver refuge dans des valeurs comme la famille, les amis et la solidarité. Mais il est aussi important de vite consulter son médecin généraliste si les signes d’anxiété et de dépression deviennent invalidants », rappelle la psychiatre du Centre Hospitalier du Rouvray.

Pour Yasmine, toutes ses inquiétudes prennent des formes très concrètes physiquement et psychologiquement. « Le sommeil n’est pas optimal en ce moment, il y a des phases de stress et d’anxiété dans la journée. Ce n’est jamais agréable pour l’entourage alors on essaie de se calmer, de trouver des méthodes de relaxation »

Selon l’OMS, la santé mentale a lourdement été impactée par la pandémie avec une hausse de 25% des cas d’anxiétés et de dépressions dans le monde. Un phénomène auquel s’ajoute l’éco-anxiété liée aux crises environnementales qui est désormais souvent considéré comme « le mal du siècle ». Le spectre d’une 3eme guerre mondiale a renforcé ce sentiment de fragilité qui préoccupe les psychiatres.

Pour aider les personnes qui se sentent angoissées, en détresse psychique ou avec des pensées suicidaires, un numéro d’appel gratuit a été mis en place, depuis le 1er octobre 2021, pour leur apporter une réponse immédiate : le 31 14. Une ligne d’écoute téléphonique ouverte 7 jours/7 24 heures/24.

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