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trois ans et demi de prison ferme requis contre l’ex- patron

Le parquet a requis jeudi quatre ans de prison dont six mois de sursis et cinq ans d’interdiction professionnelle à l’encontre du fondateur du téléopérateur liquidé Call Expert, jugé avec huit autres ex-cadres de la société à Amiens pour faux, usage de faux, abus de bien social et escroquerie.

L’affaire a été mise en délibéré au 12 octobre.

A l’encontre de l’ancien dirigeant, Bertrand Delamarre, le ministère public a également requis 10 ans d’exclusion des marchés publics ou encore une confiscation de 17.000 euros.

« Il faut une peine à la hauteur de la gravité des faits. On ne peut pas laisser un dirigeant d’entreprise spolier une société », a argué le procureur Nicolas Souffrin.

Il a également demandé des peines de six mois de prison avec sursis pour trois autres anciens cadres de la société, notamment pour faux et usage de faux, et la relaxe totale ou partielle des autres prévenus.

L’avocat de Bertrand Delamarre, Me Yassine Maharsi, a demandé la relaxe pour tous les faits reprochés à son client, estimant que le procureur avait instrumentalisé les anciens salariés de Call Expert pour l’exclure de toute activité économique.

« Le procureur n’a posé aucune question en trois jours à M. Delamarre. On préfère lui poser des questions quand il n’a plus ses lacets et qu’on le réveille à 3 heures du matin ! On ne lui pose pas de questions quand il peut répondre », a-t-il déploré.

Des salariés mais également l’Etat, la métropole européenne de Lille et la CGT sont parties civiles dans ce dossier.

Dans un contexte de crise économique, Call Expert avait fait office de « success story » avec le choix d’une implantation française et avait bénéficié d’importantes subventions publiques. Mais en 2014 son fondateur Bertrand Delamarre avait été mis en examen pour usage de faux, présentation de faux bilans et abus de biens sociaux pour des faits présumés sur la période 2011-2013.

« Si on fait une lecture très caricaturale de ce dossier, on pourrait dire que le Bertrand Delamarre de 2011, 2012 et 2013 est un homme qui délaisse sa femme et ses quatre enfants pour une relation adultérine (…) et qui utilise l’argent de la société pour mener la grande vie au mépris des salariés », avait lancé mardi, à l’ouverture du procès, la présidente Delphine Raeckelboom.

« En aucun cas, je n’ai reconnu avoir détourné de l’argent (…). Je conteste être coupable d’abus de bien social », avait répondu M. Delamarre.

Fondé en 2001, le téléopérateur, anciennement nommé Ad Marketing et spécialisé dans la gestion des relations clients, employait plus de 600 personnes en France, dont 490 à Abbeville (Somme). Il avait été placé en redressement judiciaire en octobre 2013. Deux plans de cession avaient permis de sauver 233 emplois sur les 638 des sites d’Abbeville, Roubaix et Paris.

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