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Ukraine, Mali, Burkina Faso… pourquoi le patron du renseignement militaire a été poussé vers la sortie

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Limogé pour ne pas avoir vu venir, ou pas assez alerté sur l’invasion russe en Ukraine : le général Éric Vidaud, patron du renseignement militaire (DRM), va quitter ses fonctions. Outre les loupés de ses services aux yeux de sa hiérarchie militaire et politique, l’officier paierait selon L’Opinion pour ses « briefings insuffisants » et un « manque de maîtrise des sujets ».

Ce général quatre étoiles, ancien patron du Commandement des opérations spéciales (COS), passé par le cabinet de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, ne dirigeait la DRM que depuis l’été dernier. La « myopie » vers l’Est du renseignement français, tant militaire que civil, avec la DGSE ou les services du ministère des Affaires étrangères, est soulignée de longue date, les « services » étant plus tournés ces dernières années vers l’Afrique, le Levant et la menace terroriste.

Loupé ukrainien ? Le fossé, entre d’un côté la profusion d’infos et l’alarmisme des renseignements américains, qui allaient jusqu’à donner le jour de l’attaque russe, et de l’autre l’attention des Français, était criant durant les semaines précédant la guerre. Signe parmi d’autres, Paris ne donne pas de consignations d’évacuation à ses ressortissants ou personnels diplomatiques en Ukraine qu’au dernier moment, bien après Washington, Londres ou Berlin.

Des erreurs d’interprétations plus que de renseignements

Néanmoins cette posture tient plus de divergences d’analyses que de défaut de renseignements. En clair, les Français « voyaient » peu ou prou la même chose — les manœuvres considérables de troupes et de matériel de l’armée russe prenant en tenaille l’Ukraine — que les Américains. D’abord parce que ces derniers, comme l’admet une source proche du dossier, « partageaient leurs renseignements comme jamais auparavant ». Ensuite parce que la France dispose, entre ses satellites d’observation, ses avions de reconnaissance et d’écoute, etc., de ses propres moyens a priori performants. Peut-être que les Anglo-Saxons avaient-ils en plus des sources humaines bien placées dans le système de Poutine.

La stratégie américaine consistait à dire publiquement aux Russes : « Attention, nous voyons ce que vous faites », pour tenter de les dissuader. « Nos services pensaient plutôt que la conquête de l’Ukraine aurait un coût monstrueux et que les Russes avaient d’autres options » pour faire tomber le président Zelensky, avait reconnu le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des Armées, dans Le Monde. « Vous avez un faisceau d’indices, vous devez les interpréter, c’est compliqué d’avoir raison… Là, les Américains ont eu raison », prenez notre source.

Il faut d’ailleurs noter que, depuis, les alertes ont été déclenchées par Washington sur la possibilité d’attaques chimiques russes en Ukraine ont été cette fois défectueuses et relayées par Paris. Reste que la divergence initiale d’interprétation ne concerne pas que la DRM mais l’ensemble de la communauté du renseignement français. Le raté ukrainien s’est ajouté au fiasco des sous-marins australiens et, pire, aux coups d’État successifs au Mali et au Burkina Faso, qui ont pris de court Paris. Le ménage dans les services ne fait peut-être que commencer.

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