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le point avec une hydrologue

Alors que les sécheresses se multiplient ces dernières années, quelle est la situation en PACA, et plus particulièrement dans le Var et les Alpes Maritimes ? Y a t il aussi des solutions face à la montée continue des températures ? Nous faisons le point avec une hydrologue, spécialiste de ces questions.

« L’eau, un défi pour la Dracénie ? ». Voilà le thème de la conférence, organisée par Dracénie Provence Verdon Agglomération ce 1er mars au Pôle culturel Chaban à Draguignan.

Une conférence donnée par Emma Haziza, docteur de l’Ecole des Mines de Paris, hydrologue et spécialiste du changement climatique.

Selon, elle, pas de doute, l’eau est dores et déjà un défi.

La Dracénie et toute une portion du littoral méditerranéen continue à subir une sécheresse historique, et c’est la seule partie de la France qui n’a pas bénéficié des pluies importantes de l’année dernière. Donc on est sur une sécheresse qui ne fait que s’accentuer »

Et le très beau début d’année 2022, qui a offert une météo très ensoleillée en PACA, n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les nappes phréatiques.

Depuis deux mois il n’y a quasiment eu aucune goutte de pluie, donc la période de rechargement des nappes n’a pas pu se faire. La situation est critique

« On annonce des pluies la semaine prochaine, mais pas sûr que cela soit suffisant. Il y aura sans doute beaucoup de ruissèlement, il faudra regarder si le sol a le temps de se laisser pénétrer par l’eau », poursuit l’hydrologue.

L’année 2021, s’inscrit dans le contexte du changement climatique. Il s’agit de la 17e année la plus chaude enregistrée depuis 75 ans, dans les Alpes-Maritimes et la 15e dans le Var. 

Faut-il s’en inquiéter ?

Sans aucun doute pour cette spécialiste, qui a analysé le tout dernier rapport du GIEC, sorti il y a quelques jours. 

L’hydrologue Emma Haziza lors de sa conférence sur l’eau au Pôle culturel Chabran de Draguignan, accompagnée des élus de Dracénie Provence Verdon Agglomération.

© M. Meuneveaux / FTV

« Un habitant moyen consomme en moyenne 5 000 litres d’eau par jour ! cela parait énorme mais en fait, rien que notre bol alimentaire constitue une grande partie de cette consommation.

Il n’y a pas que l’eau du robinet, il y a aussi toute l’eau « cachée » derrière nos vêtements, derrière notre voiture, derrière notre assiette. Et cette eau là, elle commence à manquer dans d’autres endroits dans le monde. Nous sommes tous interdépendants », assure la chercheuse, devenue entrepreneuse. 

En 2001, cette spécialiste des crues éclairs en Méditerranée a décidé de lancer Mayane (« la source d’eau » en hébreux), un centre de recherche appliqué, dédié aux stratégies de résilience territoriales face au changement climatique. 

Il s’agit de gérer les sécheresses, mais aussi l’autre problématique de l’eau, très présente en PACA : les inondations !  Car les phénomènes de très fortes chutes d’eau en un temps limité vont sans aucun doute se reproduire.

« Plus la température atmosphérique monte, plus le potentiel de pluies abondantes voire très abondantes augmente aussi. Avec parfois des phénomènes incontrôlables et catastrophiques, comme la tempête Alex qui a touché en octobre 2020 les vallées de la Tinée, de la Roya et de la Vésubie  » explique la spécialiste.

A Nîmes, Cannes ou Montpellier, nous avons aussi travaillé pour réduire les dommages des crues sur les villes.

 Avec par exemple, l’installation de batardeaux dans les copropriétés victimes de graves inondations en 2015, comme l’a montré notre reportage à Mandelieu-la-Napoule il y a quelques semaines. 

« A Draguignan, nous avons travaillé pour trouver comment renouer un lien de confiance avec la population après les très graves inondations de 2010 » explique Emma Haziza.

Des inondations record qui avaient fait 27 victimes et des dégâts considérables le 15 juin 2010. 

En parallèle, l’association « Mayane Education » a vu le jour, et a déjà formé plus de 100 000 enfants du Sud de la France sur les gestes qui sauvent en cas d’inondation.

Enfin, une start-up, baptisée « Mayane Labs » a été crée pour utiliser la data et l’intelligence artificielle afin de trouver des solutions plus rapidement auprès des populations. « Il y a urgence, il va falloir adapter toutes les villes et tous les territoires face au changement climatique, et ça passe aussi par la dimension numérique ». 

Mais chacun doit aussi se sentir concerné. Chacun peut avoir un rôle à jouer. « Lorsqu’on puise deux fois moins d’eau, on va avoir deux fois plus de temps pour laisser la nappe se renouveler. Il faut donc économiser l’eau ».

Mais chacun doit aussi se sentir concerné. Chacun peut avoir un rôle à jouer.

© Anne Le Hars FTV

Autre piste, l’adaptation du bâti par rapport aux inondations, mais aussi l’amélioration de l’efficacité énergétique. 

« Il faut travailler, à son échelle, pour améliorer la résilience de sa maison, son autonomie énergétique et alimentaire. Il faut éviter l’imperméabilisation des sols, et laisser l’eau pénétrer au maximum les sols », explique la conférencière et enseignante.

En matière de gestion de l’eau, l’accumulation de petits gestes peut avoir de grands effets, et les petites ruisseaux font aussi les grandes rivières !

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