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Dans les bistrots de village, la vie et les petites habitudes reprennent après des mois de séparation et de frustration

Lydie Ludwig galope entre les tables de son bistrot, du comptoir à la terrasse, de la cuisine à la salle. La patronne du « Café du Havre » est très sollicitée. Depuis la réouverture, ses habitués sont fidèles au rendez-vous. Comme s’il fallait rattraper le temps perdu. Pour les habitants de Dossenheim-sur-Zinsel, dans le Bas-Rhin, l’établissement est l’âme du village. Un lieu de rencontres et de partage. 

Il y a ceux qui viennent y enchaîner les parties de cartes : « On joue au skat, c’est sacrément compliqué : ça fait 50 ans qu’on le pratique et on ne maîtrise toujours pas », plaisantent-ils. Ceux qui rêvent du jackpot en achetant leur ticket de loto ou d’EuroMillions, et les plus jeunes qui prennent leurs quartiers autour du babyfoot. « Ici, tout le monde se côtoie. C’est ce qui est beau à Dossenheim, tout le monde se connaît, discute ensemble. C’est chouette, très chouette », sourit Michaël, 30 ans.

« Quand j’avais 15 ans, je venais boire un Coca, maintenant c’est une bière. Je n’habite plus à Dossenheim, comme plusieurs de mes copains d’ailleurs, mais on se retrouve quand même au moins une fois par week-end chez Lydie. C’est comme ça », poursuit-il. Ce mélange des genres et des âges réjouit la maîtresse des lieux. Elle s’adresse à la plupart de ses clients par leur prénom : « C’est important pour un village d’avoir un endroit comme celui-ci. C’est un lieu de vie. »

La 5e génération à la baguette

Il y a 5 ans, en 2016, elle a quitté son emploi de préparatrice en pharmacie pour prendre la relève de ses parents. « Ils ont tenu le bistrot pendant 45 ans. J’ai grandi ici. Je ne regrette pas du tout d’avoir arrêté mon travail car les gens me le rendent bien, ils viennent nombreux et sont heureux ici ». Elle continue ainsi de faire vivre une histoire familiale, vieille de plus de 150 ans, démarrée par ses arrière-grands-parents originaires du Havre.

Et sa fille Marion a déjà rejoint l’aventure. Avec son petit ami Guillaume, elle a même développé une activité restauration, avec plats du jour en semaine et suggestions le week-end pour assurer l’avenir du « Café du Havre », « fière » d’œuvrer à ce que le bistrot « reste dans la famille. Ça me touche. Petite, déjà, je venais ici le samedi après-midi pour aider mon grand-père à tirer les bières. Il fallait vite manger le midi pour aider papy. Je me suis toujours vue ici », confie-t-elle, émue.

Être ensemble, tout simplement

Les plus anciens lui racontent leurs nombreux souvenirs accumulés sur les tables du « Café ». « À l’époque, le bistrot était le siège du club de foot. C’est là que se trouvaient nos vestiaires, nous n’avions pas de club-house. Nous, joueurs, célébrions nos victoires ici. Nous savions même chanter après les défaites. Un jour, une équipe adverse nous a demandé s’il nous arrivait de ne pas chanter… », se remémore Marcel, qui assure aussi avoir joué sur la place désormais occupée par la terrasse lorsqu’il était écolier, pendant la récréation. 

Aujourd’hui, avec ses amis footballeurs, ils continuent à s’y rassembler. Plus nécessairement pour fêter les victoires ou oublier les défaites – plus les leurs en tout cas, celles de la jeune génération peut-être – mais surtout pour discuter. De tout, de rien… Et rire, beaucoup. « Quand on part, on ne sait même pas vraiment dire de quoi on a parlé, reconnaît Raymond. On était ensemble, c’est tout ». C’est tout, et c’est déjà tellement. 

 

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